Alger - Revue de Presse

Un hadj et des interrogations



Cette invitation adressée à une certaine frange de la famille culturelle algérienne coïncidait avec la guérison du président de la République qui venait d'effectuer une intervention chirurgicale. Une manière certainement, et c'est ce qui se dit en coulisses, pour le président de la République de faire acte de bons gestes comme le veut la tradition musulmane pour remercier le Tout-Puissant d'avoir surmonté ces moments douloureux sans encombres. Il faut souligner en parallèle que ce geste a nécessité une enveloppe budgétaire globale de 100 millions de dinars. Pour la plupart des artistes qui ont eu la chance de voir leur nom mentionné sur la liste établie par le Président lui-même, faut-il le souligner, ce voyage a été une belle opportunité dans la mesure où plusieurs bénéficiaires de ce don providentiel ne s'attendaient pas à se retrouver parmi les hadjis. Selon une source fiable, chaque artiste a été destinataire, le jour du grand départ, à l'aéroport Houari Boumediène d'Alger, du billet d'avion et d'une enveloppe contenant 2000 riyals. Le pèlerinage à La Mecque n'a donc coûté aucun centime aux « élus » du Président. Contactés, certains ont tenu à préciser que ceux qui avaient décidé d'effectuer le voyage en compagnie de leur conjoint ont été obligés de payer le prix du billet et le séjour. Peut-être une manière d'effacer les doutes. Le chanteur chaâbi Abdelkader Chaou avoue, pour sa part, que le jour où il a reçu un appel téléphonique, émanant de la Présidence, l'invitant à fournir certaines pièces administratives pour son départ vers les Lieux-Saint, il avait cru à une plaisanterie. Après quelques secondes d'interrogation, son interlocuteur a su être convaincant. Selon Chaou, ce voyage a été une belle opportunité pour tous les artistes algériens sélectionnés. La chanteuse Nadia Benyoucef estime, pour sa part, que ce voyage est un point positif eu égard aux difficultés que rencontre l'artiste algérien. « J'espère que l'Etat se penchera sérieusement sur le statut de l'artiste algérien. » Une autre manière de dire que l'artiste, à l'instar de bon nombre de citoyens, ne peut se permettre un pèlerinage dans la mesure où il vit dans la précarité.Voulant savoir si certains ont refusé cette offre pour une raison ou une autre, un artiste, sous le couvert de l'anonymat, affirme : « Il est impensable de refuser un billet pour La Mecque sachant que la plupart des artistes joignent difficilement les deux bouts. » Et un autre de renchérir : « Pensez-vous un instant que nous pouvons nous permettre d'acheter un billet à 25 millions de dinars. Je ne peux que saluer l'initiative de notre Président. » Quoi qu'il en soit, l'initiative du président de la République aurait pu éviter les interrogations de plusieurs observateurs tant les contours de ce geste n'ont pas été dévoilés au grand public. Selon une source de la Présidence, « ce genre d'initiatives n'est pas une nouveauté. Il reste que cette année, cet acte revêt un cachet particulier ». On n'en saura pas plus et nos diverses interrogations resteront sans réponse.
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