Alger - A la une

Un engagement sans faille pour l'Algérie



Il a été médersien, professeur, commissaire général scout, militant de la cause nationale, journaliste, mélomane jusqu'à présider la troupe de musique andalouse, la bien-nommée Mezghenna. Réda a toujours été à l'écoute des gens.Il est resté égal à lui-même. Et lorsque la Faucheuse nous l'a ravi il y a une année, presque jour pour jour, on a accusé le coup douloureusement, ressentant ce départ comme une grande perte, non seulement pour sa famille, mais pour l'Algérie toute entière. Avec sa voix grave, ses bougonnements, avec toutes ses belles facettes, Réda est resté malgré tout un sentimental malicieux.
Jamais, au grand jamais, il n'exhibera ses faits d'armes ni ne vous parlera en fanfaron de sa personne, encore moins de son militantisme au sein du mouvement national. De son passage au journalisme, Réda a gardé le sens de la curiosité et surtout du doute, sachant défricher par ses interrogations les zones d'ombre chez son interlocuteur, mais aussi en lui-même. On se dit que ce vieil homme, mélange de fracas et de silence, qui aimait tant la lecture et la musique, a fait aussi de la politique sans l'aimer. Réda est né le 9 février 1930 à La Casbah d'Alger, à la rue du Diable.
Mais pourquoi donc cette funeste appellation ' «Parce que dans un coin de cette rue, des vieilles venaient allumer des bougies et s'adonnaient à des rites qui intriguaient l'occupant français qui l'a baptisée ainsi», explique Réda, ajoutant «pour conjurer le sort», lance-t-il, amusé. Réda a baigné dans une atmosphère intellectuelle dans son quartier, aux côtés de ses amis, les frères Kiouane et Abdelhamid.
Enseignant, Réda a exercé à El Asnam lors du tremblement de terre de 1954 et à Tizi Ouzou. C'est dans cette ville qu'il a été rattrapé par le déclenchement de la Révolution. Il revenait du Caire, où il a été chargé d'une mission par le MTLD. Arrêté, Réda a été interdit de quitter la ville, alors que ses camarades des SMA, Lagha Keddache et Bouzouzou étaient arrêtés à Alger. Pour l'éloigner, le rectorat d'Alger va le muter au Sénégal.
Réda y restera 3 ans. Un jour, il embarque pour Marseille, mais débarque à Casablanca, où le FLN lui obtient un poste d'enseignant tout en activant au sein du front jusqu'à l'indépendance. Il faut noter que peu avant le déclenchement de la lutte, missionné par Aït Ahmed et Khider, Réda a été à l'origine de l'exfiltration de Ben Bella de Genève vers Le Caire. A l'indépendance, Réda occupa plusieurs postes de responsabilité dans le secteur public. Affable, d'une grande humilité, Réda a hérité de son père deux qualités : l'engagement et la persévérance.
Son géniteur, Rachid, était hazzab et muezzin à Djamaâ Safir, en plein c?ur de La Casbah. D'un père très tolérant, mais intransigeant lorsqu'il s'agit de l'éducation et de la bonne conduite de ses enfants, rappelle Réda, qui ajoute, que son père avait illuminé Alger, soutient-il en guise de métaphore. Car il était l'un des premiers électriciens et allumeurs de f'narate au début du siècle dernier. Réda est décédé le 16 février 2018 à Alger. Il avait 88 ans. En ce douloureux souvenir, une pieuse pensée est demandée à sa mémoire.
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