
Le rapprochement du secteur public et privé et particulièrement le dialogue social, sont des questions qui reviennent de manière récurrente.En dépit de l'absence d'un dialogue digne de ce nom entre les secteurs publics et privé, c'est toute l'économie du pays qui enregistre un retard accablant en termes de développement national.Le Cercle d'action et de réflexion autour de l'entreprise (Care) a fait un état des lieux accablant sur l'environnement de l'entreprise algérienne qui n'arrive pas à trouver le bout du tunnel depuis des décennies. Mohamed Bouchakour, économiste de formation et docteur d'Etat en sciences de gestion, n'a pas manqué de dire les vérités qui blessent.«La marginalisation des compétences par le système politique qui ne veut pas s'ouvrir aux autres valeurs qui résident ou de la diaspora algérienne à l'étranger, est la cause principale des retards de tous les secteurs», a déploré hier, Bouchakour, lors d'une rencontre avec la presse nationale et un nombre important des compétences locales a l'hôtel Sofitel à Alger.Le dialogue public-privé et plus largement le dialogue social, sont des questions qui se posent de manière récurrente depuis l'indépendance nationale, a souligné de son côté, Abderrahmane Hadj Nacer, expert et ancien gouverneur de la Banque d'Algérie qui n'est plus à présenter. Auteur d'un livre intitulé La Martingale algérienne, portant sur la question économique dans le pays qui a défié la chronique, n'a pas manqué de souligner «qu'il est urgent d'aborder la problématique du dialogue, comme une question stratégique essentielle et prioritaire, afin d'amorcer une nouvelle dynamique économique et politique», dit-il. Des cadres de haut niveau du secteur public ont été jusqu'à avancer que «le secteur du marché informel est mieux structuré que le marché informel lui-même, d'où le taux de 40% occupé dans le marché national tous produits confondus», ont-ils argumenté, rien que pour expliquer le fossé qui existe entre le secteur public et privé.La discrimination enregistrée entre les deux secteurs, entre dans la culture de la fuite en avant, ont-ils avancé, avant de donner l'exemple de l'organisation du Salon national de la communication qui a vu l'absence flagrante du secteur privé. «Nous n'avons qu'à donner l'identification fiscale des jeunes qui travaillent dans le secteur informel pour leur donner une forme légale, afin de passer vers une meilleure visibilité du marché», selon un cadre du secteur public qui s'est exprimé sous le sceau de l'anonymat. Pour donner un sens pertinent à l'esprit de l'initiative, le Care, a opté pour la formule du contact direct avec la société économique et sociale, afin de donner la parole au monde de l'entreprise au-delà de l'esprit protocolaire qui croit souvent détenir les vérités.Le déphasage du centre de la décision par rapport à la réalité sociale et économique du pays, est une conséquence directe de l'absence de dialogue entre les secteurs public et privé. Pour ce faire, les organisateurs de la matinée d'hier, affirment que pour peu que la volonté d'adopter ce paradigme existe, le reste est relativement simple. Par ailleurs, il y a nécessité d'urgence. Il suffit d'adopter les règles de l'art du dialogue privé-public qui unit et réunit tous les Algériens afin de tourner la page de la dépendance de l'économie des hydrocarbures qui garantissent la rente et le partage du gâteau.«Le jour où l'on comprendra que le changement, c'est la règle du développement, on peut faire mieux», a-t-on dit en marge de la rencontre.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amar CHEKAR
Source : www.lexpressiondz.com