
Zoubir Hellal, artiste plasticienAprès deux jours de débats et de conférences, le colloque portant sur le patrimoine et le numérique, s'est clôturé mardi en fin de journée avec des recommandations vite lues et digérées.La plus importante de ces recommandations portait sur la nécessité de se saisir des médias sociaux, partant de l'enthousiasme ambiant qui y existe, faire en sorte que les établissements culturels soient accompagnés et notamment favoriser dans ce sens les mieux alternatifs et la solidarité entre artistes, prendre conscience de ce que sont réellement les problèmes de l'art en Algérie, accompagner l'ouverture vers l'international, sachant que l'Algérie est déjà un pays connu pour son hospitalité dans certaines des régions touristiques et enfin accompagner ce tourisme justement par des start-up numériques dans la formation artistique. Parmi les interventions de mardi dernier, on notera en début d'après-midi celle d'Amel Djenidi, maître-assistante, à l'école des beaux-arts d' Alger.Cette dernière évoquera d'emblée quatre façons de se former en Algérie. Tout d'abord, la formation au niveau des universités qui hormis l'école des beaux-arts, se trouve incomplète car liée principalement à l'enseignement de la littérature, le théâtre ou autre discipline sans trop de spécifications ni de vue philosophique sur l'art, ou pratique mais dispense surtout des cours théoriques, idem pour les écoles régionales qui, argue-t-elle ont de bons techniciens mais manquent de visions sur l'art en rapport avec l'actualité. S'agissant des écoles privées, la plupart sont sur Alger et sont destinées au grand public. Elles ne sont pas des formations diplomantes.Enfin, il est possible de se former sur le Net avec des méthodes pratiques et des cours on line afin de développer ses capacités personnelles. Aussi fait-elle savoir que «Les réseaux sociaux jouent un rôle incroyable comme vecteur culturel, entre artistes. Le numérique est un outil qui sert non seulement pour communiquer mais pour créer.». Abordant le contenu du site Web de l'Agence nationale des métiers elle sera «déçue» de constater que les arts plastiques ne sont visibles que dans la case «Artisanat et métiers» et de révéler qu'un artiste qui touche à la conception graphique n'a pas besoin de diplôme selon ce site. Tout comme les métiers liés aux multimédias. «Alors qu'on parle de design graphique qui est un métier qui s'apprend», dit-elle.Evoquant un sondage réalisé sur un petit échantillon d'anciens élèves des beaux-arts notamment, elle donnera des chiffres et s'étonnera de trouver par exemple que beaucoup considèrent que les objectifs des institutions sont atteints. Mieux! Ces derniers disent que les contenus de leurs formations ont répondu à 65% leurs besoins. Plus de la moitié affirme que le contenu n'est pas renouvelé cependant. Aussi, les problèmes rencontrés par ces anciens étudiants sont essentiellement pédagogiques puis vient celui de la langue.Beaucoup demandent à moderniser le matériel, favoriser le contact entre les étudiants. Plus de 80% qui font ces formations artistiques trouvent du boulot. Dans quel secteur' Le design surtout. La plupart travaillent en free lance et surtout dans le privé qui récupère ces jeunes-là. Le domaine le plus porteur est celui du design.». Evoquant pour sa part, justement l'importance de la formation pour répondre aux nouvelles opportunités du marché algérien, Zoubir Hellal, directeur artistique au sein de l'espace d'art contemporain d' El Achour mais aussi artiste plasticien designer, membre du conseil national des arts et des lettres, dira d'emblée que l'Esba n'a pas la prétention de former à devenir «artiste» mais des praticiens de l'art.Et de rappeler son expérience à l'université française et puis les législations par lequel est passé l'Esba, jusqu'à son départ de cette institution en 2010. Alors qu'il en était enseignant. «Il n'y a pas de schéma à venir, voilà pourquoi j'ai quitté l'Esba. Le ministère de la Culture reste sourd aux doléances de la grande famille des beaux- arts. Il faut établir un échange d'égal à égal. Car c'est une institution qui doit booster cette école pour qu'elle soit vraiment performante.»Aussi, depuis c'est l'alternative du privé qui s'est présentée à notre designer. Dernier en date, l'Espaco, dont il présentera brièvement les objectifs et ambitions: «L'Esapco n'est nullement une école de formation mais son but est de valoriser le maximum de travail des artistes professionnels en proposant des ateliers et workshops à des jeunes et moins jeunes en différents domaines.Car je considère que proposer à une personne qui veut devenir musicien un bac musique ou artistique, ce n'est pas à 17 ans que va se former son oreille à la musique, mais bien avant. Le centre d'art ne connaît pas de subventions étatiques, mais il est le fruit d'Algériens qui ont décidé de s'engager pour l'art et la culture. Nous possédons aussi une galerie d'art et nous essayons de débattre des problèmes de l'heure en animant des tables rondes avec des artistes professionnels.Nous allons travailler avec des partenaires étrangers, nous animons des réflexions sur les métiers des arts. On veut faire appel à des professionnels et établir des passerelles, créer des débats, on travaille à la carte. Nos expos ont toutes un catalogue, nos conférences sont filmées. Nous avons une banque de données...l'Etat n'arrive pas à assurer la gestion de l'art...», achèvera de dire Zoubir Hellal qui évoquera en effet les carences de l'Etat pour gérer convenablement le secteur des arts et notamment plastique en Algérie. Autre problématique soulevée lors de cet après-midi est la formation au métier de guide notamment.En effet, Madame Ammi Lynda Sabrina, maître de conférence à l'Ecole nationale supérieure de tourisme déplorera le fait qu'il y a peu de demandes de formation au métier de guides, arguant que celui-là est gratuit et financé par le ministère. «On ne forme qu'à la base de la demande et après, on se plaint qu'il n'y en a pas...» Répondant à cela, pour sa part, Madame Akila Chergou, évoluant au sein du ministère de la Formation professionnelle, dira que son ministère forme déjà des guides muséales, mais se demandera s'il ne faut pas des «formations spécifiques ou intégrer un cursus supplémentaire propre au patrimoine'»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : O HIND
Source : www.lexpressiondz.com