Alger - A la une

Un coup d'épée dans l'eau...



à la recherche de la patate à 50 dinars! C'est la «chasse au trésor» qu'a proposée, depuis hier, le ministère du Commerce. En effet, au lendemain de la publication de la liste des points de vente où devaient être écoulées des pommes de terre à des prix préférentiels, les Algériens sont restés sur leur faim. La majorité de ces adresses était constituée de...mirages. C'est ce que nous avons constaté, lors d'une tournée effectuée dans la capitale. Cette petite virée a été entamée au niveau de Ouled Fayet, une commune où les nouvelles constructions poussent comme des champignons. Le discounteur de la «batata» devait être installé sur un terrain mitoyen de la fromagerie Frico. L'agent de sécurité de cette entreprise a été assailli par des citoyens qui cherchaient désespérément cette braderie de la pomme de terre. «Le seul terrain vague qui se trouve à côté, est celui, sur la droite, qui donne sur l'autoroute, mais il n'y a jamais eu de marché», soutient-il, en référence à un terrain vague où aucun aménagement n'a été effectué pour accueillir une telle activité. Dépités, mais déterminés, les chefs de famille décident de se rendre aux points de vente des communes voisines, à l'image de Souidania. «Il est prévu que la vente se fasse au niveau du marché communal», précise l'un d'eux. On le suit sur les 6 km qui séparent les deux endroits. Des dizaines de vendeurs sont installés sur les bas-côtés de cette route de campagne. Ils proposent de la pomme de terre, mais pas à 50 dinars.«C'est 120 dinars le kilo», soutient l'un d'eux avant d'éclater de rire lorsqu'on lui demande l'adresse du fameux marché.
«Si c'est pour la patate de 50 DA, salmou aâliha ki tchoufouha (passez-lui le bonjour quand vous la verrez, Ndlr)», rétorque-t-il avant de nous orienter vers l'adresse que l'on cherche.
Elle «nargue» les automobilistes!
«Il se trouve en bas du commissariat», précise-t-il. Arrivés sur place, on comprend mieux pourquoi le vendeur rigolait. On tombe sur un vieux marché fermé à double tour. Il n'y a pas l'odeur de la moindre «frite».
Pourtant, une chaîne humaine s'est formée à l'entrée de cet entrepôt désaffecté. Femmes et hommes, tous âges confondus, s'y sont rassemblés, dans l'espoir de pouvoir acquérir de la pomme de terre à un prix raisonnable. «La rumeur dit que le camion a été perçu à l'entrée de la ville, on est donc venus en courant pour espérer avoir notre part», indique un groupe de trois ménagères qui essayaient de se protéger de la pluie, sous un arbuste. Le temps passe, mais aucun camion ne pointe à l'horizon. Voyant que nous étions véhiculés, ces mères au foyer nous «conseillent» d'aller tenter notre chance à Rahmania. «Peut-être que là-bas ils ont été servis», soutiennent-elles, précisant que le point de vente doit se trouver au niveau de la placette de la ville. On prend alors la direction de cette petite localité de l'ouest d'Alger. Sur la route, on tombe encore sur des vendeurs de pomme de terre. On «ose» encore une fois demander le prix. On est vite refroidi: pas moins de 120 dinars le kilogramme.
Après s'être perdus sur les routes cabossées et étroites de la ville, on demande à deux jeunes où se trouve la placette. Ils nous indiquent qu'elle est derrière eux!
On la trouve enfin, mais...
«Mais si c'est pour la pomme de terre, revenez plus tard! On attend ici depuis 9 h du matin (il était midi, Ndlr)», font-ils savoir, avant que le téléphone de l'un d'eux ne sonne. C'est un ami à lui qui l'informe que l'Office national interprofessionnel des légumes et des viandes (Onilev) de Chéraga avait mis en vente une quantité de ces pommes de terre au prix de 50 dinars. «Mais le stock a été épuisé en moins d'une heure», lui précise-t-il.
Malgré cela, les deux hommes ne perdent pas espoir. Ils attendent patiemment dans leur coin, scrutant l'arrivée du camion de tous les espoirs. Nous décidons alors de tenter, une dernière fois, notre chance au niveau des supérettes publiques Dicopa. On fait une halte au niveau de celle des Annassers, à Kouba. Plusieurs dizaines de personnes y étaient rassemblées. Toutes posent la même question: «Vous avez reçu les pommes de terre'». La réponse tombe comme un couperet: «Rien pour le moment, revenez demain ou essayez de voir au niveau de notre boutique d'Hussein -Dey.» On se rend alors dans cette annexe, on est surpris par un monde fou rassemblé dans la cour. L'agent de sécurité vient leur couper tout espoir. «On a reçu la pomme de terre ce matin, mais là il n'en reste plus», annonce-t-il, invitant les clients à se rendre au niveau de l'entreprise publique Avicola. «Faites -vite, elle vient de recevoir ses quotas», ajoutent-ils, faisant savoir que c'était de la bonne patate rouge. Il venait de donner le coup de starter du marathon. Une course infernale est déclenchée, mais c'était encore une fois, trop tard, un monde fou était rassemblé à l'entrée. Alors, beaucoup décident de se rendre à l'évidence, ils achètent un kilo de «patates» à 140 dinars au niveau de la camionnette qui était garées en face. Une image qui résume bien le début de cette opération de déstockage. Elle n'a aucunement influé sur les prix. C'est un coup d'épée dans l'eau. «Purée»...
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