Alger - A la une

Un commerce à la mode



Un phénomène, dont tous les Algérois raffolent, se fait de plus en plus remarquer dans les rues de la capitale. Ces petites échoppes où se vend du thé aux saveurs sahariennes pullulent de façon continue. A vrai dire, rares sont ceux qui acceptent de s'en passer, aujourd'hui.Pour les jeunes comme pour les moins jeunes, il est de coutume de se réunir, thé saharien et sachet de cacahuètes en main, autour d'une partie de dominos sur le boulevard front de mer ou face aux magnifiques vues donnant sur la baie d'Alger.
Ces commerces, qui suscitent tant d'attrait et d'intérêt, sont généralement gérés par des personnes originaires du sud de l'Algérie, connues pour leur simplicité et leur générosité légendaire. On se rappelle tous de l'époque antérieure à l'apparition de ces échoppes, où les vendeurs de thé étaient des commerçants ambulants, proposant, théière à la main, de servir leur breuvage revigorant aux vacanciers sur les plages, à des passants dans les centres-villes ou même aux stressés de la route, coincés dans les embouteillages.
« J'ai choisi ce boulot car le thé a toujours fait partie de mon entourage», nous confie le gérant d'une échoppe de thé, originaire de Timimoun. « Avant, j'étais un commerçant ambulant à Timimoun. J'y servais du thé mais ne gagnais pas très bien ma vie, le thé à préparation saharienne y étant chose banale. Après mûre réflexion, j'ai pris la décision de me lancer en m'aventurant, seul avec ma théière, à Alger. Au début, c'était difficile, mais je trouvais belle l'idée d'amener le Sahara aux Algérois, eux qui ne s'y rendent que rarement. Ma longue patience a porté ses fruits, car elle m'a permis d'ouvrir ma propre affaire qui, actuellement, marche très bien. Il s'agit d'un commerce rentable qui me fait gagner ma vie honnêtement », ajoute t-il.
Les murs à l'intérieur de sa boutique de tshey sont couverts de rideaux ornés de figures traditionnelles sahariennes. Le mélange des senteurs émanant du thé chaud, du miel qu'on lui ajoute en aval et des cacahouètes sorties du four depuis peu, donne effectivement l'impression que le Sahara est venu aux Algérois. Ce qui est une bonne nouvelle pour ceux qui sont peu friands de randonnées dans les plaines arides du désert ; ils auront l'impression d'y être à chaque gorgée.
Par ailleurs, de nombreux commerçants algérois ont pris l'exemple de leurs concitoyens du Sud, en ouvrant également des échoppes où ils vendent du thé préparé à la saharienne et différents gâteaux préparés avec le soin de façon parfois improvisée. Le gérant d'une échoppe se trouvant à El-Biar, pas loin de Parc-des-Pins, propose même une délicieuse préparation qui consiste en un mélange parfait de pop-corn et de caramel. « Quand j'ai constaté que ce genre de commerce marchait bien, j'ai décidé d'en ouvrir un », nous déclare-t-il. « Je me dois, bien évidemment, de satisfaire la demande, en préparant un thé à la saharienne, comme on me l'a appris à Tamanrasset, où je suis allé pour me former. Je maîtrise même cette technique de servir le thé où il faut élever la théière le plus haut possible, laissant le liquide couler droit vers le gobelet. Ainsi, le thé chaud qui gargouille a plus de saveur. C'est tout un art. D'un autre côté, se contenter d'un petit local aide énormément, le loyer n'y étant pas cher », ajoute-t-il.
Une preuve que même les initiatives les plus simples peuvent attirer foule, tant qu'elles satisfont la demande et aident les personnes, parfois lasses de leur quotidien, à se changer les idées et, pourquoi pas, se ressourcer.
Ghazi Boucharef
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