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Un colloque pour évoquer les échanges non capitalisés



Un colloque pour évoquer les échanges non capitalisés
Les apports des penseurs maghrébins, algériens notamment, et ibériques, catalans, au dialogue méditerranéen, ont fait l'objet, hier, de riches débats au Théâtre régional de Béjaïa. Et ce, à l'occasion d'un Colloque international "Dialogues méditerranéens", organisé, côté algérien, par le ministère de la Culture, le CNRPAH, la wilaya de Béjaïa, l'APW, l'APC, la Société savante Gehimab, le Parc national de Gouraya, Ahbab Cheikh Saddek El-Bedjaoui (Conservatoire de musique) et l'Entreprise portuaire de Béjaïa. Et côté catalan, par le Gouvernorat de Catalogne, l'Institut Ramon Llull (Raymond Lulle) et l'Institut européen de la Méditerranée (IEMed) de Barcelone. Même si ce ne sont que ces dernières décennies que cette contribution au dialogue entre savants de l'Occident et terre d'Islam a été mise en évidence via des rencontres scientifiques des deux côtés de la Méditerranée. On apprend des nombreux intervenants, qui se sont relayés à la tribune ? c'est le cas avec les interventions remarquées et remarquables du Pr Saïd Chibane, ancien ministre des Affaires religieuses, ou de Zoheir Ihaddaden, ancien directeur de l'Institut de journalisme à Alger, que ces échanges, retranscrits dans des ouvrages rares, n'ont pas été traduits pour être accessibles de ce côté de la Méditerranée. Il n'y a quasiment pas d'ouvrages sur ces disputes philosophiques auxquelles avaient pris part de nombreux savants musulmans de Béjaïa. Et pour aborder ce sujet, la contribution algéro-catalane à ces dialogues méditerranéens, on a pensé à la personnalité de Raymond Lulle, comme fil conducteur de ce colloque international. Et pour cause : Raymond Lulle, Majorquin de naissance, avait vécu entre 1232 et 1316. Il était connu pour être un écrivain prolifique et surtout à multiples facettes. Un peu comme Léon l'Africain, il s'exprimait en latin, en catalan et en arabe. Mais selon Zoheir Ihaddaden, cet homme quasi analphabète avait appris l'arabe avant d'être initié aux sciences expérimentales et théologiques. Il fut l'un des premiers écrivains à utiliser la langue populaire, le catalan, pour traiter de thèmes réservés à la langue savante, à savoir le latin, la théologie, la philosophie et la science. D'où un profil intellectuel des plus complexes et des plus atypiques. Occasion pour le professeur Saïd Chibane de rétablir les faits et d'insister sur le fait que Raymond Lulle était aussi un "apologiste du christianisme ; il favorisa les écoles de missionnaires et conçut une nouvelle méthode pour la conversion". Son audace l'avait amené à encourager l'Eglise à reprendre Grenade, l'Afrique du Nord et les Lieux saints de l'islam. Plus encore, ici, sur la place de Bougie, il a appelé la population à abandonner sa religion. Mais les sages savants de l'époque l'avaient emprisonné de crainte qu'il ne soit tué. Il sera ensuite congédié. Pour approfondir le sujet, le professeur Djamil Aïssani a présenté une communication sur la "perception actuelle des disputes Raymond Lulle-Uléma de Béjaïa (1307)".M. Ouyougoute
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