Avouons-le: nous étions dans une attente in supportable de l'issue de ce
choc pas comme les autres, par le tapage médiatique, la pression créée dans les
deux pays, les dérapages verbaux, la «guerre» du net et la sinistre agression
perpétrée par les Egyptiens sur la route de l'aéroport. Ce n'est pas tout: nous
étions curieux de connaître, dans les faits, les deux «surprises» que Saâdane
réservait à son adversaire Shehata. Beaucoup d'inconnues entouraient cette
confrontation spéciale à bien des égards. Quels onze-types ces deux techniciens
allaient-ils aligner ? Saâdane n'était-il pas en position de faiblesse au vu du
nombre de blessés et... d'agressés ? Dans quel état d'esprit ses protégés
allaient-ils fouler le gazon du Cairo Stadium ? Quelles entourloupettes
égyptiennes dans ce match au couteau ? Quelles tactiques seront choisies par
les deux entraîneurs pour qui les données étaient évidemment différentes ?
L'arbitre Jérome Bamon allait-il confirmer sa réputation de juge impartial ?
Dès le coup de sifflet, on a bien
senti de la crispation dans les deux camps, car, qu'on le veuille ou pas, la
pression était lourde sur les épaules des 22 acteurs. Dans ce genre de
confrontation, les duels demeurent des signes assez significatifs, où les
défenses, objet de toutes les sollicitudes de la part des entraîneurs, devaient
de se faire respecter. Il est vrai qu'en fonction de l'organisation mise en
place par les deux techniciens, elles avaient, de par leur supériorité
numérique, le beau rôle. Et pourtant ce sont les Egyptiens, et conformément à
une «tradition» étayée par les faits, qui se sont montrés les plus
entreprenants. Il s'agit d'un constat on ne peut plus logique, car, comme en
boxe, il revient au «challenger» d'attaquer le «tenant». Il s'avère qu'en
technicien averti, Saâdane s'attendait à ces assauts égyptiens, devenus les
spécialistes du premier quart d'heure. En fait, il a choisi un schéma
exagérément défensif avec une défense à cinq et un milieu fourni. Seul Saïfi
était en pointe, avec pour mission de garder la balle autant que possible en
attendant du renfort. Hélas, il n'a fallu que trois petites minutes pour que
les «Pharaons» trouvent la faille sur un cafouillage devant Gaouaoui qui ne
pouvait que s'incliner. Aussi, on ne fut pas étonné de voir l'EN cantonnée en
défense.
Du côté égyptien, on s'évertuait
à garder le contrôle du ballon. «Qui a la balle est naître du jeu», dit-on en
ajoutant «que l'équipe qui a le taux de possession le plus élevé a les plus
grandes chances de l'emporter». Mais ce n'est pas une vérité absolue. La
preuve, c'est que Shehata ne décollerait pas car, après le but, jamais ses
protégés ne sont parvenus à passer la défense algérienne. En seconde mi-temps,
les Algériens, bien que laissant la conduite du jeu à leurs adversaires, se
sont procuré plusieurs opportunités dont deux pour Saïfi avant qu'il ne soit
remplacé par Ghezal.
Encore une fois, face à un
adversaire qui refuse de se livrer, les Pharaons ont montré leurs limites dans
ce domaine. En effet, les Egyptiens, bien que bons techniciens et solides
physiquement, ont éprouvé les pires difficultés à trouver la faille, comme on
l'a souvent constaté lors de ces éliminatoires. L'équipe algérienne, défendant
en bloc, s'est accrochée, puisant dans ses dernières réserves. Gaouaoui et ses
coéquipiers, pourtant héroïques, allaient pourtant céder à la dernière minute
du temps additionnel, laissant un immense regret d'être passés tout près d'un
exploit qui aurait fait date dans l'histoire de notre football. La moralité,
puisqu'il en faut une, c'est qu'à vouloir trop miser sur la défensive, on
risque parfois d'en subir les conséquences. A présent, il va falloir tirer les
enseignements utiles en vue du match d'appui qui aura lieu au Soudan. Saâdane
et l'équipe nationale ont une dernière carte à jouer.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Adjal Lahouari
Source : www.lequotidien-oran.com