Alger - A la une

UN CHOIX DIFFICILE



Dans les milieux politiques, une grande question se pose : les élections annoncées seront-elles libres ou obéiront-elles à la règle classique des quotas décidée par le régime ' Personne - ni les «laïcs», ni les «démocrates», ni les «islamistes» - n'est en mesure d'afficher que cette fois-ci c'est la «bonne». Même si c'est le discours subliminal que distillent les officiels algériens à Alger ou à Washington. La tendance est au scepticisme. Et les moins critiques affirment franchement n'avoir aucune certitude.
Et pour cause, les engagements officiels qui sont pris d'aujourd'hui n'ont, au plan de la forme, aucune différence par rapport aux engagements qui ont accompagné les précédents scrutins. Même si on promet que cette fois-ci on «ne va pas jouer» ou qu'on «va jouer franc jeu», les expériences passées pèsent. Tout comme l'appel au recours à la rue ne fonctionne plus en raison de l'expérience, les professions de foi officielles sur la régularité des élections n'ont pas d'effet. Il existe un déficit abyssal de confiance que le verrouillage encore en cours des médias audiovisuels et de l'espace public ne permet pas de lever.
Du coup, les choix à faire découlent moins d'une analyse du degré de «sincérité» du régime que de la possibilité d'une dynamique permettant d'espérer un redémarrage d'un processus démocratique entravé et considérablement affaibli par l'étouffement imposé aux forces politiques. Et pas seulement les forces d'opposition. L'Alliance présidentielle a été aussi un mécanisme d'étouffement des partis qui en font partie et a contribué à discréditer le politique. Ce qui est au fond un objectif permanent du régime.
Aujourd'hui, les partis de l'Alliance vont, sans état d'âme, aller aux élections. Y compris le MSP, sous la direction du très peu convaincant Boudjerra Soltani. Mais il est clair que ce n'est pas chez ces partis qu'un débat politique de fond sur les élections risque d'être engagé. On le retrouve plutôt au FFS, qui a choisi de mettre la question de la participation entre les mains de ses militants, alors que son analyse dévoile clairement qu'il est sans illusion aucune sur les intentions du régime. Le document soumis aux militants présente les arguments «pour» et «contre» une participation ou un boycott des législatives.
Pour un parti qui a connu l'une ou l'autre des deux options, le choix ne sera pas facile. En tout cas, ce ne sont pas les promesses du régime qui feront pencher la balance vers la participation. Dans ce domaine, il peut constater, comme tout un chacun, la permanence d'une volonté de «contrôle» qui s'est exprimée à travers des changements de pure forme dans les textes de loi. Le vrai élément sur lequel vont se fonder l'analyse, les certitudes et sans doute le pari, est celui de l'existence d'une dynamique politique dans la région maghrébine et dans l'environnement international qui peuvent permettre d'espérer donner un sens et une direction aux combats éparpillés que mènent les Algériens. C'est l'existence d'une telle dynamique qui peut faire bouger les choses, même de manière contrainte, au sein d'un régime fondamentalement soucieux de sa seule autopréservation. Un souci qui l'a poussé en permanence à entraver toutes les dynamiques, y compris celles qui peuvent découler d'élections sérieuses et régulières.
Est-il possible de changer les choses en «jouant» dans le cadre contraignant fixé par le régime et en pariant sur une dynamique qui permettrait d'avancer et de contraindre les tenants du régime ' Est-ce une autre illusion ' Que peut-on faire ' Que peut-on espérer ' Comment le faire ' Ces questions d'allure philosophique sont très concrètes. De ce point de vue, les débats qui se déroulent au FFS dépassent le seul cadre de ce parti et concernent l'ensemble des Algériens qui aspirent au changement.
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