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Un bidonville «victime» d'une fausse opération de relogement



Un bidonville «victime» d'une fausse opération de relogement
Les responsables de la wilaya d'Alger croyaient avoir relogé les habitants du bidonville de Dessolier, dans la commune de Bourouba. L'opération a été annoncée publiquement, les habitants étaient aux anges et les services de Zoukh ne pouvaient qu'en être fiers.C'était en 2014, racontent des habitants rencontrés sur ce site invivable. Selon un membre du comité, l'on devait reloger 880 familles à Dessolier. Mais pour des raisons inconnues, seulement 565 foyers ont bénéficié de nouveaux appartements. Ainsi, les résidants des habitations menaçant ruine ont été recasés, alors que ceux du bidonville ont été abandonnés. Pourtant, il s'agit quasiment du même quartier et des même conditions de vie, explique-t-on. Qu'à cela ne tienne, puisqu'un fait étrange intervient un mois après, laissant les 240 familles du bidonville perplexes.Ayant décidé de revendiquer leur droit à un logement social, d'autant que cette cité est ancienne, on les informe à la wilaya d'Alger que sur «papier» le bidonville n'existe plus, puisque la totalité des résidants ont été relogés. Une position sur laquelle des responsables de la capitale ont campé, se basant sur des données transcrites noir sur blanc. «Il a fallu qu'on leur apporte des photos satellitaires prises sur Google et qu'une responsable vienne constater de visu qu'il y a eu erreur», raconte un père de famille. Erreur ' Les habitants n'y croient pas trop. «Ce programme nous a été destiné, mais il a été affecté à d'autres quartiers, dans d'autres communes», croit dur comme fer notre interlocuteur. Ayant frappé à toutes les portes, pendant des semaines et des mois, les représentants des citoyens ont fini par se lasser, laissant la colère couver. «On en a marre de courir.On est fatigués», lâche le membre du comité, ajoutant qu'il espère que ce bidonville figurera sur la liste des cités concernées par la prochaine opération de relogement. «J'espère qu'ils ont pris la peine de corriger leur copie et qu'on n'a pas à leur rappeler, à nouveau, que leurs données sont fausses», ironise un jeune résidant. Peut-être, expliquent nos interlocuteurs, puisque les services de la commune ont demandé, il y a plus d'un mois, à tous les habitants de leur délivrer de nouveaux documents administratifs, histoire d'actualiser leurs dossiers. «On est encore au stade des papiers !», s'indigne-t-on. Pourtant ce bidonville existe depuis plus de 50 ans. Les premiers habitants des lieux sont venus juste après l'indépendance du pays.Outre le problème du relogement, qui ne semble pas figurer parmi les priorités des autorités publiques, les habitants se plaignent du laisser-aller des services de la commune. On ne vient que rarement pour ramasser les ordures ménagères. Le réseau d'assainissement est inexistant. En été, on souffre des odeurs nauséabondes et des moustiques. Hormis l'électricité, dont les branchements ont été effectués légalement, ce bidonville infect manque de tout. L'exiguïté y est frappante et les constructions sont faites de bric et de broc, faisant craindre qu'elles s'écroulent à tout moment. Au milieu de ce décor lugubre, des familles, rongées par la déception, attendent impatiemment.
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