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Un baril à 71 dollars suffira pour équilibrer le budget de 2013 : L'Algérie face à la malédiction du pétrole



Un baril à 71 dollars suffira pour équilibrer le budget de 2013 : L'Algérie face à la malédiction du pétrole
La sonnette d'alarme est tirée. Le "tsunami" de 2008 est encore dans les esprits. Le pétrole algérien ne cesse de perdre de sa valeur. Le brent algérien avait connu en juillet dernier une chute sur les marchés mondiaux, même s'il se vend toujours à plus de 100 dollars. L'économie nationale dont les recettes en devises dépendent à 98% des exportations en devises a accusé le coup. Et l'on avait même commencé à préparer l'opinion à une période de "vaches maigres". Le pays a besoin d'un baril à 71 dollars pour assurer son équilibre budgétaire.Fort heureusement, ce chiffre est fourni au moment où les prix sur les marchés internationaux dépassent les 111 dollars. Le ministre des Finances Karim Djoudi a déclaré, à cet égard, "le déficit en prévision de clôture pour 2013 enregistre un repli substantiel (par rapport à 2012, Ndlr) pour s'établir à 1.138 milliards (mds) de DA (quelque 15 mds de dollars) pour un prix d'équilibre situé à 71 dollars le baril". Le prix d'équilibre du baril est le prix qui permet aux ressources budgétaires de couvrir toutes les dépenses budgétaires "réelles" de l'année. Pour différentes raisons, celles-ci sont généralement inférieures aux dépenses prévisionnelles notamment en ce qui concerne les dépenses d'équipement.
En 2012, le déficit réel du Trésor public s'était chiffré à plus de 746 mds de DA, selon les données de la Banque d'Algérie, alors que les recettes étaient tirées d'un baril à 111 dollars. Mais, selon M. Djoudi, le "prix d'équilibre" du baril de pétrole a été de 99 dollars en 2012. Ce prix serait donc le prix qui a permis aux recettes de couvrir les dépenses budgétaires effectives et non celles inscrites dans la loi de finances complémentaire pour 2012.
Le prix du baril du brut de référence de l'Algérie, le Sahara Blend, a atteint 111,87 dollars en août dernier, gagnant 4,31 dollars par rapport aux 107,56 dollars atteints en juillet après plusieurs mois de baisse, aidé par le resserrement de l'offre du brut de référence de la Mer du Nord, le Brent. Il a été ainsi le deuxième brut le mieux coté du panier Opep après le Bonny Light nigérian.
La loi de finances (LF) de 2013 a été élaborée sur la base d'un prix de référence du baril de pétrole à 37 dollars ce qui a donné lieu à des recettes prévisionnelles de 3.820 mds DA et des dépenses de 6.879,8 mds DA, soit un déficit budgétaire "fictif" de 3.059,8 mds (18,9% du PIB).
Le déficit global du Trésor atteindrait, toujours avec un baril référentiel à 37 dollars, quelque 2.889,6 mds de DA, soit 17,9% du PIB, selon la LF 2013.
Les 1.138 mds de DA de déficit, avancés par M. Djoudi, représentent ainsi à peine 40% du déficit prévisionnel du Trésor public en 2013. Ce déficit est couvert annuellement par les prélèvements à partir du FRR (Fonds de régulation des recettes). La leçon a-t-elle été retenue' Quel est l'état des lieux aujourd'hui' Les recettes hors hydrocarbures peinent à dépasser les 2 milliards de dollars. Une misère! Les exportations hors hydrocarbures "restent toujours marginales, avec 2,96% du volume global des exportations (2,18 mds usd), malgré une augmentation de plus de 6% par rapport à 2011", indiquent les chiffres du Centre national de l'informatique et des statistiques rendus publics au mois de janvier 2013.
La guerre aux frontières, l'affaire Sonatrach, la crise des partis politiques... ont accaparé l'opinion publique jusqu'à lui faire oublier l'essentiel: l'économie du pays étroitement liée aux prix du baril de pétrole. Quoi de neuf en la matière' Les nouvelles sont loin d'être rassurantes.

La maîtrise de l'inflation est une préoccupation constante en Algérie
L'indice des prix à la consommation a doublé en 2012 par rapport à 2011 se situant à un niveau supérieur à 9%, et bien qu'en légère baisse en 2013 connait un niveau élevé, bien que compressée par des subventions mal ciblées et mal gérées, les transferts sociaux selon la loi de finances 2012 étant estimées à 1400 milliards de dinars soit 18,2 milliards de dollars. Sans ces subventions le taux d'inflation dépasserait largement les 10% Car le taux d'inflation se calcule par rapport à l'année précédente. La hausse des prix importante est considérée comme une des raisons les plus directes à la transformation du malaise latent en émeutes urbaines nécessitant une révision de l'actuelle politique socioéconomique. C'est pour cela que l'Etat 'uvre à stabiliser l'inflation.
A cet effet, la maîtrise du taux d'inflation, qui a frôlé les 9% en 2012 avant d'entamer une courbe baissière dès février dernier, constitue une "préoccupation constante" du ministère des Finances ainsi que de la Banque d'Algérie (BA), a assuré le premier argentier du pays. Dans un entretien à l'APS, le ministre des Finances Karim Djoudi a réaffirmé que le gouvernement était engagé dans "une politique de préservation du pouvoir d'achat des citoyens et des populations".
Il a rappelé à ce titre l'effort étatique de soutien des prix des produits et des services de base, qui a permis, selon lui, de maintenir une inflation à un niveau "raisonnable". La loi de finances 2013 prévoit quelque 1.400 milliards de DA, soit plus de 18 milliards de dollars de transferts sociaux. En 2012, plus de 200 milliards de DA ont été consacrés pour les subventions des produits de base en Algérie : laits, blés, sucre et huiles alimentaires. La dépense sociale budgétisée représente presque un quart du budget de l'Etat et 13% du PIB national. En incluant les subventions non budgétisées, notamment au profit des produits énergétiques, ce taux atteindrait les 30% du PIB, selon certains experts. Selon une étude du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), l'Algérie figurait en 2010 parmi les pays arabes qui subventionnent le plus les produits énergétiques avec 10,59 milliards de dollars (quelque 800 milliards de DA).
Par ailleurs, la BA, qui veille à la stabilité des prix en tant qu'objectif principal de sa politique monétaire, affinera prochainement sa politique de régulation pour mieux contrôler le système bancaire et pratiquer une politique de taux d'intérêt fondé sur le principe du taux d'intérêt réel et éviter par conséquent l'accumulation des créances non performantes, a encore soutenu M. Djoudi.
L'inflation a atteint 4,75% durant le premier semestre de l'année en cours contre 9,3% à la même période de 2012, année qui a connu des augmentations salariales exceptionnelles.
Les prix des produits agricoles frais ont cependant augmenté de 7,7% et ceux des produits agro-alimentaires de 3,04% durant le même semestre. En 2011, le taux d'inflation en Algérie était à 4,5% alors qu'il n'était de 3,9% en 2010.
Le FMI a reconnu en mars dernier que la question de l'inflation était en train d'être "bien prise en charge" par l'Algérie.
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