Alger - A la une

Un auteur "embarqué" sur les causes justes



Un auteur
L'"Estrade" du 21e Salon international du livre d'Alger a abrité, vendredi, une conférence avec l'écrivain français Didier Daeninckx. Cet auteur est le premier à avoir mis à nu les massacres du 17 octobre 1961 en France. Il en a parlé dans son roman policier Meurtres pour mémoire, paru en 1984. À ce propos, il a indiqué : "Certes, il n'y avait pas accès aux archives et tout a été fait pour passer sous silence ces crimes, mais il suffisait de rechercher la presse de l'époque, de relire çà et là certains articles, les recouper et en déduire toute l'horreur qui a été commise." Et de renchérir lors de cette intervention à la salle du Sila : "Papon a parlé de trois morts dont un Français, mais les photos prises par un journaliste venu couvrir au cinéma le Rex le film Les Canons de Navarone étaient là pour décrire ces massacres dans toute leur horreur avec des cadavres plein la vue, ainsi que les photos prises par E. Kagan." Décrit par le modérateur de la rencontre comme un "auteur engagé", Daenincks avoue ne pas trop aimer ce terme et lui préfère le mot "embarqué" utilisé par Camus. Car notre auteur s'est embarqué depuis plus de 30 ans et avec près de 90 ouvrages entre récits, nouvelles, romans, polars, BD... dans une aventure littéraire et humaine où la thématique sociale et l'enquête historique se placent au c?ur de la fiction. Toute sa production est en fait empreinte d'un passé "travesti ou caché" qu'il remet sur le tapis et qui dévoile cet engagement constant qui prend sa source dans son environnement familial et un héritage ancestral partagés entre divers courants : anarchiste, antimilitariste et communiste. Une belle rencontre littéraire initiée en ce Sila 2016 qui a permis aux nombreux lecteurs algériens venus l'écouter de le (re)découvrir et de s'intéresser à sa riche production littéraire : La mort n'oublie personne (1988), Cannibale (1998), Le Retour d'Ataï (2002), Un parfum de bonheur (2016) qui lui ont valu de belles consécrations dont le Grand prix de littérature policière 1985, prix du Roman noir 1985, prix Goncourt du livre de jeunesse.Samira Bendris
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