« Ça m'a rappelé le boulevard Amirouche »
10h40. Une violente déflagration retentit dans tout Alger. « C'est le port ? », « Non, ça vient de la rue d'Isly. » « Ça ne peut pas être un attentat, ce n'est pas dans le style du GSPC, les attentats urbains en plein jour. » Les voix sont incrédules. Personne ne veut y croire. Pourtant, il s'agit bien d'un attentat. Très vite, la ville s'emballe. Alger plonge dans le chaos. Des images que l'on croyait à jamais enterrées surgissent du plus noir des années 1994-1995, quand Alger était en proie à l'enfer des voitures piégées. Ululements stridents de sirènes. Le long de la rue Hassiba Ben Bouali, des ambulances foncent à vive allure, transportant les premiers blessés vers l'hôpital Mustapha. La circulation automobile est fortement perturbée. La ville est sens dessus dessous. Une volute de fumée noire s'élève du Palais du gouvernement. C'est de là que tout est parti. Les Algérois ont du mal à le croire : un attentat en plein Palais du gouvernement, haut symbole du pouvoir. « C'est l'attentat le plus spectaculaire depuis le début de la violence terroriste en Algérie », relève-t-on. L'avenue Docteur Saâdane est noire de monde. Une foule compacte est venue aux nouvelles, entre proches des victimes et simples badauds venus s'enquérir de l'ampleur des dégâts. Les escaliers qui mènent vers l'esplanade du Palais connaissent une fébrilité inhabituelle : des cortèges de blessés sont évacués sur des civières avant d?être confiés à des ambulanciers. La plupart des victimes sont des fonctionnaires du ministère de l'Intérieur et du Premier ministère. Des femmes, des jeunes, des hommes d'un certain âge, souffrant de blessures diverses, le visage explosé, le sang maculant leurs habits. La tension monte d'un cran sous le hurlement de policiers à bout de nerfs. Bientôt, les CNS, en casque et matraque, sont appelés en renfort pour disperser la foule. « C'était un vrai séis
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Mustapha Benfodil
Source : www.elwatan.com