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Un artisan de la diplomatie algérienne



Un artisan de la diplomatie algérienne
Zoulikha, la fille du père de la diplomatie algérienne, Mustapha Ferroukhi, a déploré, hier, que l'?uvre et le parcours militant de son père soient jetés aux oubliettes. « Le rêve exige des sacrifices et mon père a toujours rêvé d'une Algérie libre et indépendante. Et il s'est sacrifié pour concrétiser ce rêve », a-t-elle déclaré au forum de la mémoire, animé par l'association Machaâl Echahid en partenariat avec le journal El-Moudjahid à l'occasion de la Journée de la diplomatie algérienne. La fille du défunt a tenu surtout à revenir sur l'engagement précoce de son père pour la cause nationale. Elle a indiqué qu'il fait partie des rares Algériens qui ont pu suivre des études ponctuées par un baccalauréat sous le règne colonial. Né le 15 décembre 1922, Mustapha Ferroukhi est aussi l'artisan de l'organisation des scouts musulmans algériens. Dès l'âge de 14 ans, il a commencé à s'imprégner des principes de la religion jusqu'en 1944 pour créer ensuite El-Khouloud, un groupe de scouts au niveau de sa ville natale, Miliana. Avant de rejoindre le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) en 1947 dont il fut membre du bureau politique. En tant qu'intellectuel et militant de la cause nationale, il fut arrêté en 1954 par l'armée française et mis aux arrêts pendant une année à la prison de Serkadji. Dès sa sortie de prison, le défunt a embarqué clandestinement dans un bateau pour rejoindre la France et s'engager dans les rangs de la Fédération de France du FLN pour continuer le combat. Il ralliera Tunis en 1957 pour occuper un poste au ministère de l'Intérieur du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA). Salah Benkobi, ancien diplomate, explique que Mustapha Ferroukhi a été désigné ambassadeur de l'Algérie en Chine où il a rencontré Mao Tsé-Toung. Abdelhamid Zouba, ex-joueur de la glorieuse équipe du FLN, a raconté avec émotion les moments qu'il a passés aux côtés de Mustapha Ferroukhi, désigné à l'époque pour suivre l'équipe du football dans ses déplacements dans les pays arabes et européens. « Pour Ferroukhi, c'est par le sport et l'art qu'on peut ouvrir une voie pour la révolution », dira Zouba. Le destin a voulu que Mustapha Ferroukhi trouve la mort avec sa femme et ses enfants Souaâd, Ahmed Chawki et Nassiba le 17 août 1960 lors du crash de l'avion qui devait le transporter vers la Chine. Zoulikha, le seul enfant vivant de Mustapha, âgée à peine de 8 ans à l'époque, n'était pas du voyage avec ses parents en Chine. Elle était restée chez ses grands-parents à Miliana.
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