Alger - A la une

Un 5e mandat à tout prix '



Après un quatrième mandat difficile, l'exercice sera autrement plus complexe à partir de 2019, dans les nouveaux contextes national et régional, en sus de l'absence de cet atout majeur qu'était la manne financière.Le secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbes, a appelé le président Bouteflika à se porter candidat pour un 5e mandat, lui qui interdisait, il y a quelques semaines, aux militants et cadres du parti d'évoquer cette question. Une posture politique qui intrigue les observateurs les plus avertis. Trop prématuré, avait-il estimé alors. Cela ne l'a pas cependant empêché de tourner et de nuancer autour du sujet. Parallèlement à son discours, qui se rapproche davantage d'un agencement de slogans, il a pris l'initiative de mobiliser ses troupes pour établir le bilan des vingt ans de règne de Bouteflika qui servira d'assise et d'argumentaire pour la continuité de son ?uvre et de ses réalisations, mais aussi de preuve que "les 1 000 milliards de dollars", dont parlent l'opposition et la rue, ont bel et bien servi la collectivité. Il donnait, cependant, sous ses airs "du très informé", l'impression de se chercher le meilleur parapluie devant ses adversaires internes qui ont commencé à dénoncer sa méthode de gestion et son autoritarisme.
Aussi, s'est-il précipité à annoncer l'élaboration d'un programme décennal ; une annonce perçue comme fantaisiste et faite pour dissuader les leaders de l'opposition et potentiels candidats à la succession de Bouteflika. Si c'est une opération de marketing du 5e mandat qu'il entendait mener, il n'est pas difficile de reconnaître qu'Ould Abbes a raté le contenu et l'emballage. Cela d'autant plus que le Président, durant ses quatre mandats, n'a pas consulté un seul parti quant à ses projets. Et aussi, a-t-il laissé le suspense jusqu'au dernier moment avant d'annoncer sa candidature. Quant au programme, faut-il relever qu'il a toujours été un ensemble de généralités et de grands axes sans détails, ni mode d'emploi, ni échéance. D'où, les récurrentes rectifications de cap auxquelles ont été souvent astreints ses différents gouvernements. Comme en témoignent aussi les régulières lois de finances complémentaires.
Cependant, pour 2019, le jeu semble se présenter autrement. Le président Bouteflika n'est plus le même ; son état de santé l'a éloigné de la scène politique nationale pendant cinq ans déjà, malgré les assurances de son ami, Lakhdar Brahimi, qui lui rend visite chaque fois qu'il est de passage à Alger. Un facteur majeur à conjuguer avec la crise financière qui va handicaper davantage son action et, certainement, contredire les prévisions trop optimistes d'Ould Abbes, qui table sur un plan décennal jamais élaboré depuis l'ère du parti unique.
Un dilemme que l'anticipation d'Ould Abbes ne peut résoudre en raison de ces deux handicaps qui ne manqueront pas de torpiller sa vision. Si vision il y a, bien entendu, sachant que ses différents programmes économiques ont toujours été d'inspiration populiste et ont nécessité une généreuse manne financière des recadrages budgétaires. Des conditions qui sont absentes dans la conjoncture actuelle.
Après vingt ans de règne et un quatrième mandat difficile, le président Bouteflika paraît fatigué et encore malade. Et ses apparitions très rares alors qu'il s'adresse au peuple à travers des messages lus en son nom. Un exercice qui, à partir de 2019, sera encore plus difficile, tant les contextes national et régional plaident pour une présence accrue du Président. Plus dur à gérer sera encore le volet économique, sous le signe de l'austérité dans laquelle se trouve déjà coincé l'actuel gouvernement.
Les indicateurs sociaux ne sont pas en reste, d'ailleurs, avec les mouvements de grève et les émeutes qui reflètent un sérieux malaise auquel les pouvoirs publics n'ont pas trouvé de solution. Et les prévisions des experts et autres analystes ne sont pas optimistes pour le court terme pour conforter les projections d'Ould Abbes. Et, pis encore, aucun indicateur, comme lors des quatre premiers mandats, la manne ayant servi de critère d'attrait pour les compagnies étrangères, ne plaide pour l'amélioration du climat des affaires à même d'attirer les IDE. Quel atout reste-t-il alors pour Ould Abbes pour faire son marketing du 5e mandat, qui demeure, cela dit, hypothétique tant qu'il reste du ressort exclusif du Président '
Djilali B.
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