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Un 20 000e mandat



Un 20 000e mandat
Moins 10 000 ans dans le Sahara algérien, le néolithique foisonne, l'un des plus précoces de la planète. Des groupes se sédentarisent, façonnent des outils, élèvent des animaux, fabriquent des poteries et peignent de magnifiques dessins non soumis à la justice. Au bord des lacs, on pêche, on chasse, on rit. Puis à cause d'une inclinaison de la Terre qui survient tous les 20 000 ans, les pluies se déplacent. En quelques générations, le climat change et à moins 7000, il ne reste presque plus rien, c'est le premier exil, bien avant Slimane Azem ou cheb Khaled. A cause de l'aridité, les Sahariens fuient vers des terres plus humides, notamment vers le Nil où ils participeront à l'édification d'une des plus grandes civilisations.Dans le Sahara vidé, l'histoire se bloque et les Romains, plus tard, installeront un limes aux abords du Sud pour contenir les désertiques en colère. Les empires défilent, causent guerres et famines, les exodes reprennent, jusqu'à l'indépendance algérienne. Mais dans les années 1990, ce sont encore des milliers d'Algérien(ne)s qui partent, scientifiques et autres, vers des terres plus clémentes, en Europe et au Canada.Après l'accalmie des années 2000, la sécheresse reprend et contraint d'autres encore à quitter les terres désertées par la pluie et l'intelligence. Même les ministres et hauts cadres investissent à l'étranger, y plaçant leur argent et leurs enfants, pendant qu'au Sahara toujours aride, on tente de fracturer les dernières roches d'In Salah afin d'en tirer du gaz de schiste pour entretenir la Régence d'Alger, devant une population déshéritée mais restée sur place, qui ne vit que d'agriculture comme au début des temps. Mais l'histoire n'est pas linéaire et l'aridité du Sahara n'est que cyclique, dans 10 000 ans environ, il reverdira. Nous sommes simplement mal tombés, dans une stérilité entre deux épisodes humides. Dans 10 000 ans, tout ira bien.


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