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Tu es mort en véritable fils de la terre!



Tu es mort en véritable fils de la terre!
J'éprouve aujourd'hui toutes les peines du monde pour trouver les mots justes et simples, après avoir pris connaissance des conditions dans lesquelles tu as cruellement quitté ce bas monde, en laissant derrière toi toute une famille Habib.Toi le fils d'un authentique chahid, et que j'avais souvent côtoyé durant ma tendre jeunesse, ta terrible disparition dans ta propre région natale que tu chérissais tant, m'a subitement plongé dans une très profonde peine, mêlée de nostalgie. Toi qui étais le dernier vivant de la famille Bekkar, après les disparitions de tes frères et soeurs, la volonté du Tout-Puissant t'a rappelé à ton tour, dans des circonstances qui m'ont fait cruellement mal Habib. Toi le fils d'une famille très modeste, et qui avait fait ses premiers pas dans une petite ferme de Messerghine où j'étais toujours accueilli par ta défunte mère et toute ta famille comme un des vôtres.Tu me parlais souvent de ton avenir professionnel, et surtout du métier qui te tenait tellement à coeur. Tu adorais la terre et ses odeurs mêlées de «zoubia», cet engrais naturel qui me donnait parfois envie de vomir, moi le jeune citadin qui venait de temps à autre, passer quelques jours d'été à la ferme. Tous les matins tu te levais de bonne heure avant que le soleil ne tape très fort, pour préparer le foin des vaches, ou bien pour faire le tour des champs. Ensuite tu m'invitais souvent pour faire un bout de chemin ensemble, pour aller chercher de l'eau à la source de la Brédéah où nous discutions de tout et de rien avec d'autres jeunes d'autres douars.Du coup, je me sentais à mille lieux d'Alger, et surtout loin d'un monde que celui dans lequel tout était si simple à vivre, quand bien même tu te contentais souvent du minimum avec un sourire large. Je garde de toi le visage d'un jeune homme très humble que j'ai malheureusement longtemps perdu de vue, toi qui a fini par sacrifier ta propre vie pour cette nature que tu aimais vraiment.De Messerghine à Bousfer, en passant par Boutlélis, toi qui as rendu l'âme dans la forêt dense du cap Ghilès, tu es mort en véritable fils de la terre et en authentique héros du devoir Habibou.Tu me disais toujours cousin: «Toi tu adores la littérature et l'écriture, moi je sais que je deviendrai un jour un cadre en agronomie car mon destin est tracé depuis que j'ai vu le jour dans la ferme de mon défunt père!».Adieu Habibou!
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