
La réaction tardive et les phrases bateau ne peuvent constituer un élément convaincant de la sincérité de ce haut responsable.Le ministre tunisien de la Défense, Farhat Horchani, a démenti, hier, les propos qu'il avait tenus sur la responsabilité de l'Algérie dans le développement du terrorisme dans son pays. M.Horchani a été catégorique. «Ce qui a été rapporté par la presse n'est pas vrai. Il est complètement faux», a-t-il indiqué, histoire de ne pas faire comme ses collègues qui s'étaient emmêlé les pinceaux dans des explications, du genre que «les médias ont mal rapporté les propos ou que les déclarations ont été sorties de leur contexte». Le ministre de la Défense a donc opté pour le démenti ferme, sans pour autant citer le journal qui a rapporté ces déclarations. M.Horchani qui n'a pas eu de mot réprobateur pour le journaliste qui a rendu public des propos tenus en aparté a affirmé qu'il existait «avec l'Algérie une coordination quotidienne entre les dirigeants militaires des deux pays». La sortie du ministre, réservée à la radio tunisienne Shems FM, est destinée sans doute à rassurer les autorités algériennes qui n'avaient pas du tout apprécié les déclarations de M. Horchani. Même si aucune procédure officielle n'a été mise en branle par Alger, il reste que l'article de Asharq El Awssat qui a rapporté la déclaration du ministre était assez long et bien étayé avec beaucoup d'autres affirmations faites par le même ministre. La question qui se pose est de savoir pourquoi le ministre a attendu jusqu'à hier lundi pour réagir, sachant que l'article du quotidien londonien d'expression arabe était en ligne dimanche dernier. 24 heures de battement pour une «bavure» aussi importante relève du laxisme, à moins que le ministre ait misé sur un probable silence des autorités algériennes. En fait, la réaction tardive et les phrases bateau lancées sur les ondes d'une radio privée ne peuvent constituer un élément convaincant de la sincérité de ce haut responsable. Se contenter de dire: «La relation avec l'Algérie est historique qui ne peut être perturbée», au lendemain d'une dérive verbale, est très peu suffisant pour constituer un facteur d'apaisement. Il aurait été plus efficace de réagir à la première lecture de l'article de Asharq El Awssat. Un démenti tardif n'est certainement pas la meilleure chose à faire en pareilles circonstances et surtout après une série de «petites phrases» désobligeantes.Il aurait été en effet recevable, si cet incident s'était produit pour la première fois dans la courte histoire de la nouvelle Tunisie. Le problème, justement, c'est que le président, Beji Caïd Essebsi et le secrétaire général, Mohsen Marzouk, ont commis des «gaffes» comparables. De plus, l'ex-président français s'est permis une réflexion de la même teneur que celle du ministre tunisien de la Défense. Alors que la visite à Tunis de Sarkozy n'avait aucune espèce d'importance diplomatique, aucun officiel tunisien, dont M.Horchani ne s'est cru l'obligation de s'en désolidariser. Il a fallu que Sarkozy lui-même s'en explique, avec légèreté, du reste. Compte tenu de ce passif assez lourd, faut-il le souligner, la réaction du ministre tunisien de la Défense est quelque part caduque et ne lève pas le brouillard sur la véritable idée que se font les dirigeants actuels de la Tunisie de leur fausse proximité avec l'Occident et l'apport effectif et positif de l'Algérie dans la stabilité même de ce petit pays.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Saïd BOUCETTA
Source : www.lexpressiondz.com