La direction générale de la BNA a décidé, hier, de suspendre 3 responsables impliqués dans le détournement qui a éclaboussé cette institution la semaine dernière. Il s?agit des directeurs régionaux d?Alger et de Koléa et du directeur de l?exploitation régional (DER). A rappeler que ces 3 personnes ont été placées sous contrôle judiciaire vendredi dernier. En outre, le juge a placé, ces dernières 48 heures, en détention préventive, un agent de la caisse de l?agence de Koléa, l?adjoint du directeur de l?agence de Bouzaréah (le directeur est actuellement en fuite en Grande-Bretagne) et l?adjoint du directeur de l?agence de Cherchell. Pour de nombreux cadres de la BNA, ce scandale n?est en fait qu?« un feu de paille qui cache des pratiques très graves consistant à utiliser les comptes internes de la banque tels que ceux des chèques à payer, des bons de caisse et des comptes courants pour éponger les débits de certaines entreprises ayant pignon sur rue ». Pour nos interlocuteurs, la société National plus au centre de ce scandale « a bénéficié d?une lettre d?engagement d?un montant de 9,2 milliards de dinars alors que ses comptes n?étaient pas alimentés. Il est vrai qu?il s?agit d?une société qui a décroché de nombreux marchés dans le domaine des travaux publics, mais l?institution n?avait pas à prendre ce risque ». Ces pratiques, ont-ils affirmé, existent depuis longtemps, puisque d?autres sociétés privées, notamment celles qui sont puissantes par leurs relations, ont bénéficié des lettres d?engagement de sommes colossales sans que leurs comptes soient alimentés. Ils ont cité le cas d?un groupe très connu, spécialisé dans l?agroalimentaire, auquel l?agence de Staouéli a accordé une lettre de crédit de 40 milliards de dinars. « Une mission de contrôle de l?IGF a pu relever cette anomalie et un rapport complet a été adressé non seulement au directeur général, mais également au ministre, mais l?affaire a vite été étouffée tout comme l?a été une autre du même type à l?agence de Rouiba, d?un montant de 8 milliards de dinars ». Selon nos interlocuteurs, ce jeu d?écriture est difficile à détecter, mais pas impossible. « Il suffit que le commissaire aux comptes exige les actes de comptabilité de chacune des agences pour que tout soit apparent. » En fait, tout le monde au niveau de la BNA « est au courant » de ces pratiques et ce lien avant que l?ancien directeur général ne soit limogé pour être remplacé par son secrétaire général, qui occupe ce poste depuis plus de 20 ans. « Comment se fait-il que l?inspecteur régional, par exemple, n?a pas pu relever que les engagements de certains clients de la banque étaient de loin beaucoup plus importants que les autorisations d?escompte ? Comment se fait-il que le commissaire aux comptes, qui veille au contrôle de la comptabilité, n?a pas pu remarquer ces défaillances ? », se sont interrogés les cadres. Ces derniers ont estimé que l?instruction judiciaire « devrait exiger une expertise des comptes de la BNA » afin de découvrir ce que cache ce scandale. Ces remarques pertinentes sont, faut-il le signaler, légitimes surtout quand on sait que le préjudice financier causé par cette affaire au Trésor public atteint les 15 milliards de dinars.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Salima Tlemçani
Source : www.elwatan.com