Alger - Revue de Presse

Transparency International publie le classement mondial 2008



L’Algérie améliore sa situation mais reste très mal notée L’Algérie a amélioré sa situation sur le plan de la lutte contre la corruption. Transparency International qui a rendu public, hier, son indice qui analyse le niveau de corruption dans 180 pays la classe à la 92e place avec un score de 3,2 de 10, loin derrière les deux voisins du Maghreb, la Tunisie (62e) et le Maroc (80e) mais largement devant la Libye (131e). Ce classement est en légère amélioration par rapport à 2007. Selon le communiqué transmis à la presse par l’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC), section locale de Transparency International, «l’Algérie est en 10ème position sur 18 pays arabes classés, après la Tunisie et le Maroc qui obtiennent de meilleurs scores (respectivement 4,4 et 3,4), le Qatar étant en tête de ce sous-classement régional avec une note de 6,5, l’Irak fermant la marche avec la note désastreuse de 1,8 sur 10 !». Le classement 2008 note les différents pays sur une échelle allant de 0 (très corrompus) à 10 (pas du tout corrompus) sur la base de sondages et de rapports d’institutions indépendantes, comme la Banque mondiale et le Forum économique mondial. Cette ONG internationale de lutte contre la corruption estime que la situation socio-politique et économique qui prévaut en Algérie depuis plusieurs années, n’a cessé de favoriser les conditions de l’explosion de la petite et grande corruption à tous les niveaux. Parmi les griefs retenus contre l’Algérie, le rapport de TI cite, notamment, le retour en force d’un «état policier, autoritaire, répressif et liberticide» qui est, selon elle, l’un des «principaux indicateurs de ce maintien de l’Algérie parmi les pays cancres de la corruption au sein de la communauté internationale». Les dénonciateurs, les donneurs d’alerte, les victimes et les témoins de la corruption «continuent de subir des représailles systématiques de la part des pouvoirs publics, notamment de leurs employeurs, des services de sécurité, toutes casquettes confondues, et de la justice», affirme encore cette ONG qui ajoute que «les résultats de l’IPC 2008 montrent, par ailleurs, que la grande corruption dans les transactions commerciales internationales prend des proportions de plus en plus inquiétantes». Cette ONG fait remarquer, sur un ton ironique, que «ce n’est pas un hasard non plus si les relations économiques et commerciales de l’Algérie avec les 10 pays en tête de ce classement (Danemark, Suède, Nouvelle Zélande, Singapour, Finlande, Suisse, Islande, Pays-Bas, Australie et Canada), ne représentent même pas 1% de ses importations !». Dans son rapport 2008 de lutte contre la corruption, Transparency International qualifie de naïveté politique ceux qui croyaient que derrière les discours officiels, ils évoquaient leur intention de lutter contre la corruption. Selon l’ONG, cela reste de la poudre aux yeux destinée aux partenaires internationaux. Pour TI, il n’y a jamais eu de volonté politique de lutter contre la corruption et rien n’a été fait pour freiner l’extension de ce fléau. Pour preuve, l’ONG internationale estime que l’arsenal juridique et réglementaire algérien adopté ces dernières années en matière de prévention et de lutte contre la corruption reste incomplet et n’est même pas appliqué. L’ONG cite l’exemple de l’agence gouvernementale contre la corruption qui n’est toujours pas mis en place, vingt-deux mois après la publication de son décret de création. Ainsi que le processus de déclaration de patrimoine qui demeure sans mécanisme de suivi et de contrôle dont le premier président de la cour suprême en a la charge. Transparency international revient sur les pratiques dominantes de gré à gré qui se multiplient, selon elle, ces dernières années notamment pour les grands projets d’infrastructures et d’institutions publiques. En l’occurrence, après une nouvelle tentative, souligne TI, de «libéraliser» davantage la réglementation sur les marchés, après l’adoption le 23 juillet dernier, d’un décret présidentiel modifiant et complétant celui de 2002, code, selon TI, qui était déjà en deçà des normes internationales en vigueur. Pour Transparency international, les pouvoirs publics arguent l’obstacle de la bonne réalisation des marchés et au respect des délais. L’ONG souligne, en effet, que la commande publique, tant au niveau central qu’à l’échelle locale, estimée à 200 milliards de dollars, est menacée par le gré à gré. Ce qui va ouvrir très largement, d’après TI, le lit de la corruption à tous les niveaux. S. Farhi & A. Tilioua
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