
La courbe représentative des transferts pour soins à l'étranger épouse une sensible tendance baissière ces dernières années après que ce phénomène eut longtemps été une quasi-règle d'usage dans le milieu hospitalier algérien.Naouel Boukir - Alger (Le Soir) - La France est le pays de destination de plus de 90% des transferts pour soins à l'étranger. Près de 1 527 demandes de transfert ont été réceptionnées en 2004. Elles ne sont qu'au nombre de 849 en 2015, soit une baisse de 44,4% et de 767 en 2016, à savoir une chute de 50% comparativement à la date de référence. Il y a également un autre aspect de ces statistiques qui est le nombre de demandes de transfert acceptées puisqu'elles ne sont évidemment pas toutes validées.En 2015, sur les 849 dossiers reçus, 223 ont été confirmés. Pour ce qui est de l'année dernière, il y a eu approbation de 163 dossiers sur un total de demandes de 767. Effectivement, le taux d'acceptation des transferts a lui aussi varié vers la baisse avec -27% entre ces deux années.Quelles explications ' Pour le professeur Bougherbal, qui a présenté sa recherche sur la question jeudi lors de la rencontre nationale d'orientation au profit des centres hospitaliers, l'origine de cette tendance est plutôt «positive». Selon lui, «le personnel médical maîtrise aujourd'hui mieux les cas liés aux domaines de l'oncologie, ophtalmologie et cardiologie», c'est pourquoi ils sont traités au niveau national.Par contre, s'agissant des interventions neurochirurgicales, cela est plus délicat car cette spécialité n'est pas bien prise en charge par les hôpitaux. Ce qui explique que la majorité des dossiers de transfert acceptés sont relatifs à ce domaine de compétence.Pour solutionner cette défaillance, le professeur a proposé au ministre de la Santé, qui était présent à la rencontre, de s'organiser avec des médecins et chirurgiens activant en France pour un transfert technologique au sein de certains hôpitaux algériens. A en croire Abdelmalek Boudiaf, cette suggestion est tout à fait «réalisable».Toutefois, la baisse des transferts pour soins suggère parallèlement une volonté de réduction de la facture en devises des tarifs médicaux prise en charge par l'Etat au profit des patients n'ayant pas pu être soignés en Algérie.Interdire les publicités des cliniques privées 'Les campagnes publicitaires émanant de certaines cliniques privées, se trouvant en Tunisie notamment, battent leur plein sur les chaînes privées depuis quelque temps déjà . Ce tourisme médical séduit plus d'un aujourd'hui mais on enregistre également des cas d'arnaques et d'erreurs médicales.En effet, par manque d'encadrement du secteur de l'audiovisuel, ces publicités sont toujours d'actualité, directeurs centraux des CHU et chirurgiens tirent la sonnette d'alarme pour que les pouvoirs publics agissent et mettent un terme à ce trafic. Se prononçant sur le sujet lors de la rencontre, A. Boudiaf a assuré que cela a été signalé auprès de l'Autorité de régulation de l'audiovisuel, théoriquement chargée de l'encadrement de ce secteur, pour interdire complètement ce type de publicités.Nombre de professeurs et chirurgiens présents à la rencontre ont témoigné que certains des patients qui vont se soigner à l'étranger sont utilisés tels des cobayes. Ces derniers reviennent finalement au niveau des hôpitaux algériens pour essayer de se faire réparer les erreurs médicales causées.C'est précisément là que le ministre a souligné, auprès des directeurs centraux des CHU, l'impératif de préparer l'application effective du système de conventionnement entre les établissements hospitaliers et la Caisse nationale de sécurité sociale des non-salariés (Casnos).
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N B
Source : www.lesoirdalgerie.com