Alger - Revue de Presse

Toujours sans nouvelles des otages: Des militaires français à Niamey



La course contre la montre se poursuit pour retrouver les otages (cinq Français et deux Africains) enlevés il y a quatre jours au Niger. Jusqu'en milieu d'après-midi d'hier, la France n'avait reçu aucune revendication ou preuve de vie des otages, alors même que des informations rapportées par les agences de presse indiquent que les otages seraient détenus dans le nord du Mali. «Nous n'avons, à cette heure, reçu aucune revendication, ni preuve de vie», a déclaré hier, lors d'un point-presse un porte-parole du Quai d'Orsay, Romain Nadal. Interrogé pour savoir si la France continuait de juger qu'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) était le commanditaire de ces enlèvements, il a répondu: «Cette hypothèse est hautement probable». Il a aussi fait valoir que la France entretenait avec l'Algérie, un pays qui est fermement engagé contre le terrorisme au Sahel, un dialogue étroit à tous les niveaux. «Nous avons une coopération avec les États de la région, notamment avec le Niger, en matière de lutte contre le terrorisme. Cette coopération couvre en particulier la formation.       Ce n'est que par un engagement accru entre les États de la région que cette action sera efficace», a précisé le porte-parole.  Il a enfin rappelé que la France souhaitait que l'Union européenne s'implique davantage dans la région du Sahel, comme le demande une lettre à Catherine Ashton, du 10 septembre, écrite par le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et sept de ses homologues européens (Allemagne, Espagne, Portugal, Italie, Pays-Bas, Suède, Danemark). A la question de savoir s'il confirmait l'envoi au Niger d'une centaine de militaires français dotés d'avions de reconnaissance, le porte-parole n'a pas répondu, renvoyant sur le ministère de la Défense.

 Sur ce point précis, l'AFP qui cite des sources proches du dossier, signale que la France a déployé au Niger «des moyens d'information et de reconnaissance» afin de tenter de localiser les ravisseurs des sept otages. Il s'agit d'avions de reconnaissance de deux types, Atlantique 2 (ATL2) et Mirage F1-CR, a-t-on précisé de même source, confirmant le chiffre donné de sources sécuritaires et diplomatiques au Sahel d'environ 80 personnes déployées. Mais il ne s'agit pas de militaires armés pour lancer une opération, la France participant à ce stade à la phase de «recherche de renseignements», a-t-on insisté: «Le but est de détecter les émissions radio et tout signe électro-magnétique pour tenter de localiser les preneurs d'otages». Au ministère de la Défense, on s'est refusé à tout commentaire, même si on a reconnu qu'il y avait des avions, mais sans indiquer leur type. Selon les mêmes sources «une base opérationnelle» de 80 militaires a été installée à Niamey pour tenter de retrouver les sept otages. Les avions ont déjà effectué 21 heures de vols de reconnaissance. Dimanche, le porte-parole du gouvernement français, Luc Chatel, interrogé sur la possibilité que la France engage une «action militaire» pour tenter de les libérer, avait assuré que la France «fera tout pour retrouver ses otages». Pour sa part, le porte-parole du gouvernement nigérien, avait indiqué que la France fournit au Niger «un appui au plan opérationnel» depuis l'enlèvement des sept otages. «Dès les premières heures des événements, nous avons pris langue avec l'Algérie et le Mali. Les choses se sont faites de façon coordonnée, avec un appui français au plan opérationnel», a affirmé à l'AFP, sans plus de précision, Laouali Dan Dah.

 Concernant les affrontements, depuis vendredi dans le nord malien, entre unités d'Al-Qaïda au Maghreb islamique et forces mauritaniennes, le porte-parole a déclaré que le groupe visé «n'est pas celui qui avait pris les otages, mais il n'est pas exclu que ce soit un groupe en lien avec le groupe qui a pris les otages».

 Concernant ces affrontements, des sources militaires mauritaniennes citées par l'agence française, ont affirmé hier, que la situation dans le nord du Mali où l'armée mauritanienne est intervenue pendant trois jours contre des unités d'Aqmi, est maîtrisée.        «La situation est sous contrôle et notre armée a accompli un bon travail de nature à assurer la sécurité de notre pays et de notre sous-région», a-t-elle ajouté. Cette source a affirmé que «les terroristes manquent de tout, ravitaillement, soutien, base-arrière et dépôts de munitions, du moins dans toute cette zone à l'ouest de Tombouctou, limitrophe des frontières de la Mauritanie où nous avons mené des opérations contre eux». Enfin la firme française Areva a affirmé hier n'avoir «jamais refusé» une aide du Niger, mais a reconnu qu'il y avait «sans doute eu un ensemble de complicités, de défaillances» lors de la prise d'otages des cinq Français et deux Africains travaillant pour le groupe et son sous-traitant Satom.

Crainte d'attentats en France

Par ailleurs, le ministre de l'Intérieur français a confirmé hier que la menace terroriste en France était «réelle», alors qu'une enquête a été ouverte concernant la possibilité d'un attentat suicide à Paris et que les services de renseignements évoquent «une menace imminente». «La menace est réelle, notre vigilance est renforcée», a déclaré lundi le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, rappelant que le plan de sécurité «Vigipirate» restait activé au niveau rouge, dernier cran avant le niveau écarlate, déclenché en cas de risque d'attentat imminent. Selon une source proche du ministère de l'Intérieur, la menace est jugée accrue depuis jeudi matin.

 L'inquiétude se fonde «sur la base d'un renseignement venu d'un pays ami avec lequel la France travaille très régulièrement», selon lequel Aqmi «ferait peser une menace imminente d'attentat sur le territoire national», a précisé la source de sécurité. Le parquet antiterroriste de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour «vérifier» un renseignement sur une femme soupçonnée de vouloir mener un attentat suicide dans la capitale.          


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