
Les mélomanes ont tenté de pousser Cherif Khelifi, chanteur de chaâbi, un peu plus dans la voie de la notoriété sachant son background artistique, mais c'était sans compter sur la détermination de l'enfant sage d'Alger-Plage à continuer de faire sa musique dans la sobriété qu'il s'est choisie pour ligne de conduite. « Très actif sur la scène, Yacine Bouzama, célèbre auteur-compositeur et surtout promoteur des jeunes talents, m'a ouvert grandes les portes de son studio à Ruisseau, Alger. Il s'est même proposé à me composer des textes et des musiques pour lancer mon premier album », assure-t-il formant le v?u de lancer son premier produit. Projet qui lui tient tant à c?ur qui et se veut comme un couronnement d'un parcours aussi riche et long que trois décades entièrement vouées et dévouées au chaâbi et à ses grands maîtres, Amar Ezzahi, Dahmane El Harrachi, Boudjemaâ El Ankis, Abdallah Guettaf... C'est dans les bancs de l'école des non-voyants d'El Achour (Alger) que le jeune Cherif entame ses premiers balbutiements artistiques. Mais on n'en est pas encore au chaâbi. « J'évoluais au sein d'une chorale de l'école, avec des camarades qui sont aujourd'hui devenus célèbres, tels que Saâd Eddine El Andaloussi, Naïma, Toufik Aoun, feue Linda... Nous nous produisions lors des fêtes scolaires notamment en reprenant les tubes des grands classiques de l'époque, Rabah Deriassa, Nora... », se souvient-il. Cherif profite également pour s'initier à la guitare sèche qu'il ne tarde pas d'ailleurs à maîtriser, mais il refuse d'intégrer le Conservatoire d'Alger ou toute autre association versée dans la formation. « Je ne pensais pas à l'époque que j'étais en mesure de prétendre à une carrière comme celle que je mène aujourd'hui », avoue-t-il. Le talent aidant et la passion rongeant, Cherif commence par fréquenter les rares cercles où le chaâbi avait droit de cité dans l'ex-Cap Matifou (Bordj El Bahri et ses environs). Il accompagne au banjo le grand cheikh du coin, Omar Sbaâ, durant les fêtes familiales, avant d'assurer son premier « aârss » en tant que cheikh en 1988. « C'est grâce aux encouragements continus de mon public que j'ai décidé de m'engager dans la voie musicale », souligne l'artiste qui opte pour les chansonnettes et les thèmes sociaux. Un genre qui lui va comme un gant et à travers lequel il entend, aujourd'hui, reprendre un second souffle pour rebondir plus fort sur la scène. Il fait part dans ce sens de son v?u d'être retenu parmi le panel des chanteurs de chaâbi invités par les organisateurs de spectacles, notamment l'Etablissement Arts et Culture dans le cadre des évènements organisés ici et là à travers la wilaya d'Alger. Pendant ce temps, il continue à gratter, paisiblement, son mandole du haut des rochers d'Alger-Plage et chanter avec sa belle voix un lendemain qui ne sera que plus beau.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amine Goutali
Source : www.horizons-dz.com