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Tizi-Gheniff Les oubliés de la cité de recasement d'Adila



Tizi-Gheniff Les oubliés de la cité de recasement d'Adila
L'histoire de ces familles malheureuses remonte à 1983 quand elles ont été expulsées d'Alger dans le cadre de l'opération dite 'débidonvillisation"
Cela fait une trentaine d'années que des familles vivotent toujours dans une cité à Adila, le long de la RN68 reliant Tizi-Gheniff à Châabet El-Ameur et Issers. Il n'échappe à personne de passage sur cet important axe routier de voir ces masures construites sans ossature métallique et aux toitures en plaques d'amiante toutes transpercées à cause du froid et de la chaleur.
L'histoire de ces familles malheureuses remonte à 1983 quand elles ont été expulsées d'Alger dans le cadre de l'opération dite de 'débidonvillisation". Après avoir vécu plusieurs mois au stade communal de Tizi-Gheniff, elles ont été déplacées vers ce lieu conçu comme centre de transit. Plus de trente ans après, elles n'ont pas bénéficié des logements décents qui leur ont été promis.
Sur les lieux, nous avons eu bien du mal à écouter toutes leurs doléances et leurs misères. Chaque père de famille a tenté de nous faire visiter son gîte et nous révéler au grand jour l'état déplorable de ces poches de pauvreté et le cadre de vie des plus dégradés où il vit avec sa famille. La première 'habitation" est occupée par une famille de neuf personnes dont sept filles. 'C'est tout, sauf une maison", crie à tue-tête la mère en nous montrant une partie du toit recouverte d'une bâche en plastique. Quant à l'intérieur, c'est un simple débarras. 'Toutes mes filles y sont nées. Aucune n'est encore mariée", soupire-t-elle en signe de désespoir. Et l'une d'elles d'avancer vers nous d'un pas hésitant et de dire d'une voix basse empreinte de gêne: 'Nous vivons comme des animaux et rien de plus. Que le Président de le République vienne nous voir". Plus loin, quinze personnes dont deux enfants attardés mentaux se partagent une autre masure des temps qu'on croyait révolus.
'Notre dignité est bafouée. Personne ne nous a entendus bien que nous n'ayons cessé de crier haut et fort notre mal-vie aux autorités locales et aux hautes autorités du pays chaque fois que l'occasion nous a été donnée", lance le père de famille avant d'égrener tout un chapelet de misères endurées dans ce taudis : 'Nous sommes quinze personnes issues de trois frères qui cohabitent dans ce trou. Deux sont déjà malades. Ils traînent depuis leur naissance les séquelles de ce cadre de vie indécent. Ce sont des malades mentaux. D'autres sont des asthmatiques et enfin l'un est mort du cancer". A mesure que nous avancions dans cette cité, les langues se délient pour évoquer les malheurs subis par les uns et les autres dans cet endroit cauchemardesque. Pourtant, nous disent les habitants, il y a eu des dizaines d'attributions de logement, mais aucune famille de la cité n'en a bénéficié. 'Tous les maires qui se sont succédé à la tête de l'APC de Tizi-Gheniff depuis 1983 à ce jour n'ont fait que nous promettre des solutions de relogement mais en vain. Nous espérons que la nouvelle assemblée issue des élections de novembre dernier nous regarde au moins avec un 'il attentif", se contente de nous dire un de nos accompagnateurs. Avant de quitter tous ces citoyens malheureux qui ,durant toute notre virée dans cette cité, n'ont pas caché leur peine et leur désespoir, ont tenu à interpeller les hautes autorités du pays et plus particulièrement le président de la République pour qu'ils sachent que, cinquante après l'indépendance, il y a des Algériens qui vivent des jours de galère insoutenable et partagent leurs lits et leurs chaumières avec des rats, des insectes et des bestioles de toute sorte.
A quand le bout du tunnel '
F. I.
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