Zep, le père de Titeuf, est le grand invité du 6e Festival international de la bande dessinée d'Alger (Fibda) qui se déroule jusqu'à aujourd'hui, samedi 12 octobre.Il y avait foule, ce mercredi soir, devant le stand où Zep, le célèbre bédéiste suisse, qui a fait une vente-dédicace au 6e Festival international de la bande desssinée d'Alger (Fibda), à l'esplanade de Riad El Feth. Pendant plus d'une heure, le père de Titeuf a signé des albums, dont son dernier, Une histoire d'hommes. «C'est toujours génial de venir dans un autre pays, loin de chez soi, rencontrer les lecteurs qui connaissent les albums, aiment le personnage. C'est la première fois que je viens en Algérie et je vois que Titeuf est déjà là. C'est un sentiment un peu étrange puisque Titeuf est mon double. Il a plus voyagé que moi», nous a-t-il déclaré.
Zep, ou Phillipe Chappuis, est le créateur de ce drôle de personnage : un enfant de dix ans à la mèche blonde qui a une manière particulière de voir le monde, de scruter les gestes et paroles des adultes. Titeuf est célèbre par son expression : «C'est pô juste». Zep a produit une quinzaine d'albums depuis Dieu, le sexe et les bretelles (paru en 1992) à A la folie, (2012). Titeuf a été adapté au petit écran en dessin animé. Plus de 200 épisodes ont été produits et distribués partout dans le monde. En 2011, Titeuf, le film est sorti en salle, réalisé par Zep à partir de son propre scénario.
Zep est l'auteur aussi de one Shots comme Victoire n'en rate pas une, Ecouter, c'est l'aventure, Mines antipersonnels et Happy sex' «Les dédicaces, ce n'est pas vraiment un moment de dialogue. C'est une performance, une gymnastique où, à chaque fois, il faut faire un dessin pour chaque personne, un dessin différent. C'est plus rigolo que d'aligner cent fois le même dessin. Je suis donc plus concentré avec le dessin que de parler avec les gens», a confié Zep.
Titeuf a-t-il changé ' «Je ne peux pas dire qu'il gagne en maturité. Je ne peux pas lui souhaiter cela. Entre le moment où j'ai commencé Titeuf et aujourd'hui, j'ai pris vingt ans. Je suis devenu papa de trois enfants. Ma vision de l'enfance se transforme aussi, mais Titeuf ne grandit pas. C'est un paradoxe. Titeuf a toujours le même âge mais ne peut pas refaire les anciennes histoires. Il peut en tirer une leçon. Ses questionnements vont ailleurs, ses centres d'intérêt se déplacent un peu», a souligné Zep. Il a évoqué l'arrivée de nouveaux personnages et l'émergence de nouveaux sujets. «Titeuf vit dans le monde d'aujourd'hui. Donc, il est touché par les sujets abordés par les médias», a noté le bédéiste suisse.
Il a révélé que Titeuf est, à l'origine, un journal de l'enfance de Zep (qui a pris ce surnom par amour au groupe rock et de Heavy metal britannique Led Zeppelin). «Je dessinais mon quartier, mon école. Je me suis dit je ne vais pas faire quelque chose de nostalgique. Je voulais m'exprimer sur mon enfance dans les années 1990. Ensuite, je me suis dit, je vais être un enfant aujourd'hui . Mon atelier donnait sur une cour d'école. J'observais les enfants et je me suis mis dans cet état d'esprit. Si j'étais enfant aujourd'hui, que se passerait-il ' J'ai retrouvé les émotions de cet âge-là' On a envie de devenir grand, commander sa propre vie. On est obligé d'obéir aux adultes alors qu'on n'a pas envie. Enfin, toute l'inquiétude par rapport au fait de grandir. Qu'est-ce que cela voudrait dire ! Et, puis, la trouille par rapport aux filles'», a souligné Zep, ne cachant pas sa passion pour le travail qu'il fait. Il a avoué avoir fait avec Titeuf ce qu'il n'a pas osé faire dans la vie réelle.
«Titeuf pose souvent des questions embarrassantes, met les pieds dans le plat. C'est un peu le rôle de ce genre de personnage». «La BD, c'est mon pays. Je rêvais de faire ce métier quand j'étais enfant, je le fais aujourd'hui. C'est un domaine qui permet de raconter des choses aux enfants et aux adultes. Il n'y a pas cela dans le cinéma et dans la littérature. C'est donc une richesse de notre métier. Un métier qu'on peut faire avec du papier et un crayon. On n'a pas besoin d'engager beaucoup de moyens' Je suis heureux de faire ce métier», a conclu Zep.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Fayçal Métaoui
Source : www.elwatan.com