Croire que l'Algérie peut se développer, croire que nous pouvons changer les choses, évoluer, moderniser nos institutions et nos infrastructures, nettoyer la maison de tout ce qui l'encombre, c'est-à-dire, «dégager» toute cette caste qui a tissé dans tous ses coins, en toile d'araignée, un système rentier de corruption et de prédation, croire en la démocratie et dans un Etat de droit social et respectueux de nos valeurs communes, croire en cette jeunesse, tout en beauté et en dynamisme, c'est cela notre challenge aujourd'hui, le défi aussi de ceux qui assureront la période prochaine de la transition.La véritable révolution, ce n'est pas de prendre les armes, d'appeler à la haine et de basculer dans la violence, mais c'est de transformer tous ceux que le désormais «ancien système» aurait considéré comme spectateurs de la vie publique, la nouvelle génération de jeunes en particulier, en acteurs, et laisser jaillir une politique participative transparente, simple, plus féconde, plus créatrice que ce populisme de la dictature qui nous a noyé dans la médiocrité. En clair, inventer librement l'avenir, inventer la recette du changement. Dans une chronique commise, il y a quelques années, j'ai écrit ceci : «L'Algérie doit inventer le changement !». Et nous voilà, aujourd'hui, en route, quoiqu'à l'époque, je n'ai pas trop cru en un sursaut populaire salutaire assez rapide comme celui que nous venons de voir ces dernières semaines, vu le délabrement général de la morale collective aussi bien de la part de ceux qui gouvernent que des gouvernés. Patients et sachant se révolter, au moment qu'il fallait, les Algériens, à la grande surprise générale, ont inventé un style de contestation spécifique et très civilisé qui s'exporte désormais Outre-mer. The Algerian Dream est à portée de main, c'est un essai de mise en garde contre tous les périls : le chaos, la corruption, l'islamisme, les «mains étrangères», etc. Nous commençons à entendre cliqueter des slogans d'une nouvelle, grande et terrible ambition : la deuxième république. Une république où la politique sera faite, contrairement au passé, par la volonté populaire.
Une république qui contraindra tous ces fatalismes inhibiteurs à s'éteindre, à disparaître, une république qui enterrera, à jamais, cette légitimité du fusil révolutionnaire, sous le poids de la légitimité du mérite et du travail. Finis ces agissements malhonnêtes de la corruption de l'esprit public, finis les passe-droits et les abus d'autorité, finis les présidents à vie et les privilèges pour les rentiers, finies les intimidations, finis la ‘hogra' et le népotisme, finis l'oligarchie et les corrompus. Bonjour le rêve, bonjour l'Algérie !
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamal Guerroua
Source : www.lequotidien-oran.com