Rebondissement
dans l'affaire du kidnapping d'un Algérien et d'un Français dans le nord du
Niger. Le ressortissant algérien, d'origine «targuie», a été libéré jeudi,
alors que le Français est toujours aux mains de ses ravisseurs, un groupe
d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Selon des sources sécuritaires
nigériennes citées par l'AFP, «l'otage français est dans le désert côté malien
avec ses ravisseurs». La semaine dernière, le gouvernement nigérien avait
confirmé l'enlèvement des deux hommes par un «groupe armé non identifié» dans
la région frontalière du Mali et de l'Algérie, où opère le groupe d'Al-Qaïda au
Maghreb islamique (Aqmi). Selon des sources proches du dossier, l'Algérien
était le chauffeur du Français, qui serait un touriste septuagénaire.
Visiblement, les terroristes d'Aqmi ont
libéré le chauffeur du ressortissant français pour ne pas avoir de problèmes
avec les tribus touarègues, et éviter d'entrer directement en conflit avec eux,
ce qui les aurait incités à les pourchasser et les chasser définitivement de
cette large bande sahélienne où ils ont plusieurs repaires. L'enlèvement du
Français, en plein désert du Niger, confirme une fois de plus que cette zone
reste largement dominée par les groupes d'Aqmi, qui y opèrent presque en
terrain conquis. A la suite du rapt du ressortissant français et son chauffeur
algérien, le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero, avait indiqué que
«nous sommes pleinement mobilisés, tant à Paris que sur le terrain, pour
obtenir la libération de notre compatriote». «En raison de l'aggravation du
risque d'enlèvements et de la menace terroriste dans certaines régions du
Sahel, il est plus que jamais recommandé aux Français résidents et de passage
de respecter strictement les consignes de prudence et de vigilance, notamment
pour les déplacements dans certaines régions du Mali, du Niger et de la
Mauritanie», a-t-il ajouté, avant de préciser que «l'enlèvement s'est produit
dans une zone dite rouge pour laquelle existait une recommandation formelle de
ne pas s'y rendre émanant du Quai d'Orsay».
Le groupe de terroristes qui a libéré le
ressortissant algérien, a déjà libéré le 16 avril dernier dans cette zone un
couple d'Italiens qu'il séquestrait depuis quatre mois. Mais, il détient
toujours deux otages espagnols, enlevés fin novembre en Mauritanie. Auparavant,
un ressortissant français, fortement soupçonné d'être un agent du
contre-espionnage, avait été enlevé par Aqmi au Nord du Mali, puis libéré
contre une rançon de plusieurs millions de dollars, et, surtout, la libération
de plusieurs membres de ce groupe qui étaient emprisonnés au Mali. Leur
libération après un simulacre de procès a provoqué la colère de plusieurs pays
de la région, dont l'Algérie qui avait demandé au Mali l'extradition de
certains de ces terroristes membres de l'ex-GSPC. Et puis, le dernier rapt d'un
ressortissant européen intervient une semaine après la réunion à Alger des
chefs d'état-major des pays du Sahel pour mettre au point une stratégie commune
de lutte contre les bandes criminelles qui écument le Sahel.
Pour autant, certaines voix dans cette région
déplorent la propension des Etats européens dont les ressortissants
s'aventurent au risque de leur vie dans cette zone à payer des rançons aux
ravisseurs, au détriment d'une solution concertée avec les pays riverains et
concernés par la lutte antiterroriste. Interrogé dernièrement à l'occasion
d'une conférence de presse tenue à l'issue des travaux du comité central du
FLN, Belkhadem avait déclaré que «l'Algérie ne paiera pas de rançon et
récupérera son ressortissant».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Yazid Alilat
Source : www.lequotidien-oran.com