La situation dans la région sahélo-saharienne inquiète l'Organisation des Nations unies (ONU) qui s'active désormais pour créer un front antiterrorisme constitué des pays de la région. Le représentant en Afrique de l'Ouest du secrétaire général de l'ONU, Saïd Djinnit, fraîchement installé par Ban Ki-Moon, a annoncé hier à Bamako la tenue début juillet d'une conférence sur la paix dans la région sahélo-saharienne regroupant les chefs d'Etat des sept pays de cette région.
 La conférence «se tiendra au début du mois de juillet à Bamako, au niveau des chefs d'Etat de sept pays: Mali, Niger, Tchad, Burkina Faso, Mauritanie, Libye et Algérie», a déclaré Saïd Djinnit qui avait pris ses fonctions début mai dernier. Selon le représentant spécial du SG de l'ONU pour l'Afrique de l'Ouest (Unowa), cette rencontre intervient pour développer «une approche commune des problèmes qui affectent la Bande sahélienne», rapporte l'APS. Saïd Djinnit, qui s'exprimait au terme d'une réunion de haut niveau des chefs de mission de paix de l'ONU en Afrique de l'Ouest, a révélé que cette conférence au sommet sera organisée à la demande du Mali tout en exprimant son souhait qu'elle aboutira à «des conclusions qui permettront de mettre en place des actions concrètes pour faire face aux différents défis dans la sous-région».
Il a affirmé que l'Organisation mondiale demeurait prête à «soutenir pleinement les efforts des pays de la région du Sahel dans la prise en charge de volets liés à la sécurité, au développement et aux changements climatiques».
«Déjà nous préparons une conférence qui sera orientée vers des actions concrètes sur la question du trafic de drogue et du crime organisé en général», a signalé ce dernier tout en confiant que l'ONU travaillera en relation étroite avec la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) et les pays de la région pour sortir avec des «propositions et à une réponse concertée au crime organisé dans l'Afrique de l'Ouest». Revenant sur la treizième réunion des chefs de mission de paix de l'ONU en Afrique de l'Ouest, il a estimé qu'elle a été une occasion pour faire un point de situation dans chacune des régions (Liberia, Côte-d'Ivoire et Guinée-Bissau). «Nous avons ensuite mis l'accent sur certaines questions cruciales qui affectent la sécurité et la stabilité dans la région», a affirmé le diplomate onusien qui a notamment cité, dans cet ordre d'idées, la crise alimentaire, la situation en Guinée, la drogue et le crime organisé «qui exigent une réaction collective».
Il est à rappeler que la première réunion de haut niveau des missions de l'ONU en Afrique de l'Ouest a eu lieu en novembre 2003 à Freetown en Sierra Leone. A cette occasion, les chefs des missions avaient convenu de «maintenir un mécanisme régulier de consultation». Le représentant en Afrique de l'Ouest du secrétaire général de l'ONU effectue depuis le début de la semaine dernière une tournée de prise de contact dans la région du Sahel qui lui avait déjà permis de s'entretenir avec le président malien. Il est venu en Afrique pour dresser un rapport «détaillé» sur la situation au Mali et au Niger, deux pays qui font face à des rebellions touareg. «Nous sommes préoccupés par l'instabilité qui prévaut dans la région du Sahel.
Outre les problèmes de rébellion, il y a le problème de la circulation des armes légères, il y a le problème du crime organisé, celui du trafic de drogue», a précisé ce diplomate. La région sahélo-saharienne s'est transformée ces dernières années en refuge pour les groupes terroristes qui jouissent d'une grande mobilité. Les groupes terroristes qui activaient jadis seulement dans certains pays comme le Niger et le Mali ont peu à peu réussi à étendre leur territoire au Tchad, en Mauritanie et à la Tunisie.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Sofiane M
Source : www.lequotidien-oran.com