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Terrorisme de proximité



Terrorisme de proximité
Un peu partout, des bandes de jeunes parés d'armes blanches s'affrontent. Pour Alger, les articles relatant ces joutes récurrentes les expliquent par le fait que les ressortissants des quartiers ne s'adapteraient pas les uns aux autres.Mais ces violences ne peuvent pas être le seul résultat de cette différence d'origine de nouveaux logés. Parce que la capitale n'en a pas l'exclusivité et qu'on peut l'observer dans plusieurs cités de relogement massif, y compris celles érigées dans des zones semi-rurales.
Etrangement, cette forme de délinquance s'est développée à mesure que la violence terroriste reculait. Jusqu'à la fin des années 1990, une certaine quiétude régnait dans la Cité. Le terrorisme et l'antiterrorisme occupaient, à eux seuls, l'espace "vital" et "les jeunes", comme les vieux qui avaient, d'ailleurs, vite fini par intégrer les limites d'évolution des masses qui n'avaient, à l'époque, pas choisi leur camp : c'étaient les limites des centres urbains, le jour, et le seuil de la porte du domicile, la nuit. Un certain ordre de la peur régnait donc à la Cité.
La délinquance violente "ordinaire" a commencé à se développer à un rythme inversement proportionnel au progrès sécuritaire réalisé par la lutte antiterroriste. Les "résidus" terroristes, revenus "s'intégrer" dans la société ou libérés grâce à la décision politique d'amnistie, présentée sous forme de processus de "réconciliation nationale", se sont convertis à l'affairisme opportunément déréglementé par le pouvoir.
Puisque l'Etat et la société devaient réserver le meilleur accueil aux "égarés" maintenant "assagis", il fallait conformer l'environnement à leur idéal islamiste. Pour ce faire, le pouvoir s'est tacitement laissé aider par des redresseurs de torts de quartiers, tout heureux de sévir, contre les femmes qui osent affronter seules l'espace public, d'abord, contre les manifestations de mécréance des hommes, ensuite : bars, "casseurs" de jeûne... À l'occasion, ces milices spontanées sont utilisées pour assister le pouvoir dans des opérations de répression des manifestations politiques. Ces baltaguias ont été sollicités pour donner la réplique aux protestataires du "printemps noir", en juin 2001, et aux manifestants de la CNCD, en janvier 2011.
De nouvelles activités juteuses, relevant de la délinquance "ordinaire", donc tolérable en comparaison du terrorisme idéologique, se développent en concomitance avec ce "terrorisme de proximité". Peut-être que le pouvoir, ravi de voir l'islamisme retourner ses armes ' des armes blanches désormais ' contre une autre cible, a pris le parti de s'accommoder de cette insécurité "apolitique". Qui ne menace pas "la stabilité du pays", dirait-on.
Il semble qu'aujourd'hui, la concurrence est rude dans les dédales souterrains de l'économie illicite autour des larcins, des recels de petits trafics, du commerce de détail de la drogue, etc. Ses espaces se rétrécissent probablement parce que ses acteurs se multiplient.
L'ampleur du phénomène se mesure à la recrudescence de batailles de quartiers. On peut les associer à la sociologie du logement. Mais pas tout le temps et partout. Sinon, comment expliquer que leur agressivité menaçante occupe l'espace social, et que les Algériens, et les Algériennes surtout, ont peur d'emprunter la voie publique à leur guise '
M. H.
musthammouche@yahoo.fr
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