Mardi matin, alors qu'ils venaient de franchir le portail principal du complexe Enad où ils travaillent depuis des années, un groupe de six travailleurs ont été surpris par une affiche sur laquelle leurs noms étaient portés leur signifiant un licenciement pur et simple pour l'un d'eux et une mise à pied pour cinq autres.Choqués par cette annonce inattendue, alors qu'ils sont à leur quatrième mois sans salaire, au même titre que leurs collègues du complexe, au nombre de 230 travailleurs qui observent au quotidien un sit-in devant la direction du complexe.?
Un des six employés sanctionnés s'est aspergé d'essence avant de s'immoler. Heureusement, ses collègues étaient présents, et ont éteint les flammes. Présentant des brûlures au deuxième degré, il sera évacué par les éléments de la Protection civile à l'hôpital de la ville de Sour- el-Ghozlane.
Au même moment, les cinq autres personnes qui venaient d'être sanctionnées, sont montées sur la terrasse de l'administration et menaçaient de se jeter dans le vide pour un suicide collectif au cas où la direction du complexe ne revient pas sur ses décisions. Selon un des représentants des travailleurs que nous avons contacté, ces derniers qui sont à leur quatrième mois sans salaire, et sont dans une situation de désespoir total puisque, malgré toutes les actions entreprises sur le terrain avec plusieurs marches hebdomadaires, ainsi que des déplacements à Alger, au siège du holding ACS dont dépend le groupe Enad, pour essayer d'attirer l'attention des responsables sur la situation catastrophique du complexe, malgré toutes les demandes pour une aide financière conséquente qui permettra au complexe un véritable redémarrage, rien n'a été fait, selon lui.
Hier encore, alors que l'un des travailleurs se trouvait entre la vie et la mort à l'hôpital, et que cinq autres menaçaient de se jeter du haut d'une tour se trouvant à l'intérieur du complexe, aucun responsable du holding ou du groupe ne s'est manifesté. Selon notre interlocuteur, seuls les éléments de la Protection civile, ceux de la gendarmerie, en présence du chef de la daïra de Sour-el-Ghozlane et du maire, étaient là pour essayer de ramener à la raison ces travailleurs en leur promettant un rendez-vous avec les responsables du holding.
Rappelons que selon nos informations, le holding ACS avait déjà injecté une somme de 15 milliards de centimes en septembre dernier dans le cadre d'un plan de relance, mais malgré cette enveloppe financière conséquente, aucune reprise d'activité sérieuse n'a été constatée.
Le complexe s'est retrouvé moins de deux mois plus tard dans la même situation de crise et d'arrêt, accentuée par une grève illimitée des travailleurs. Depuis, une situation de crise et d'incompréhension totale s'est installée entre les responsables du holding et ceux du complexe d'un côté, qui exigent une reprise sérieuse et régulière du travail , et de l'autre, les travailleurs qui réclament plus d'argent, une augmentation des salaires à hauteur de l'autre filière du groupe, Shymeca qui possède une bonne santé financière et qui a accepté une augmentation pour ses employés.
Y. Y.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yazid Yahiaoui
Source : www.lesoirdalgerie.com