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Ténès



Ténès
Une jeune écolière de 12 ans, résidente de la commune côtière de Ténès, s'est présentée mercredi dernier aux urgences de l'hôpital Ahmed Bouras, aux environs de 14 heures, accompagnée de son père après avoir avalé involontairement une épingle qui lui est restée à travers la gorge. Devant le manque de moyens pour retirer l'épingle, le médecin de garde des urgences n'avait d'autre choix que de l'évacuer vers l'hôpital des S?urs Bedj de Chlef censé disposer d'un service ORL et d'équipements adéquats inexistants au niveau local. Ainsi, le père et la jeune fille, et l'infirmière ne se doutèrent pas un instant que dès qu'ils prirent place dans l'ambulance, un long périple les attendait. En effet, arrivés à l'hôpital de Chlef, après un trajet qui aura duré une quarantaine de minutes, ils se présentèrent aux urgences de cet hôpital de 240 lits flambant neuf où il existe un service ORL. Première déception : les médecins de garde leur conseillèrent de se diriger vers l'hôpital de Blida, car apparemment celui de Chef ne dispose pas d'équipements appropriés pour intervenir sur la jeune fille. Prenant leur mal en patience, ils prirent la direction l'hôpital Frantz Fanon de Blida. Apres un trajet d'une heure trente minutes, une nouvelle déception les attendait. Le médecin des urgences invoque le manque de moyens et recommande le transfert de la patiente vers l'hôpital de Bologhine (Alger). Aussitôt dit l'ambulance prit la direction d'Alger dans l'espoir d'en finir avec ses déconvenues. Arrivée sur les lieux, l'équipe (infirmière et patiente) est surprise par des travaux en cours dans l'hôpital. Les urgentistes donc ne peuvent prodiguer aucun soin à la jeune fille et l'invitent « à voir ailleurs ». Devant cette situation, l'infirmière demande au conducteur de l'ambulance de « tracer le cap » vers l'hôpital « Maillot » de Bab El-Oued (Alger), espérant cette fois-ci voire la fin du calvaire. Une fois de plus, c'est la déception. Car aux urgences on recommande à l'infirmière d'acheminer sa patiente vers l'hôpital Mustapha Bacha d'Alger. Là enfin, une femme médecin, après avoir été mise au courant des péripéties de la jeune fille, décida de la prendre en charge en l'hospitalisant dans le service ORL. Il était 3 heures du matin. Selon l'aveu des chauffeurs d'ambulances et des infirmières accompagnatrices de malades exerçant aux deux hôpitaux de Ténès, celui d'Ahmed-Bouras ou celui de Zighout-Youcef, « il est très fréquent qu'on se voit refuser l'admission de nos malades dans les hôpitaux sous différents prétextes ». Une fois de plus, les pouvoirs publics, particulièrement le ministre de la Santé, sont interpellés pour remédier à la situation. Cette mésaventure aurait pu avoir des conséquences dramatiques si la jeune fille avait un besoin urgent de soins. Les parents d'un jeune homme qui s'est immolé par le feu gardent un mauvais souvenir sur le système de santé de notre pays. En effet, la victime, dans un élan de colère, s'est aspergée d'un liquide inflammable (essence) puis a mis le feu à son corps. Transportée d'urgence, mais encore vivante, à l'hôpital de Ténès, les médecins de garde l'évacuèrent immédiatement vers celui d'Alger qui dispose d'un service spécialisé dans les grands brûlés. Ainsi, commença un va-et-vient incessant entre Ténès et Alger jusqu'au jour où la victime décéda à Ténès à la suite de complications mais surtout faute de prise en charge efficace.


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