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Tendances



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Youcef Merahi[email protected]/* */Les élections à venir font pousser des ailes à beaucoup de nos politiques, comme si elles étaient la clé qui allait solutionner tous les problèmes de notre pays. Comme si toutes les élections passées ont généré l'harmonie d'être et le bonheur de vivre sur cette terre d'Algérie. Alors qu'en fait, le système est le seul à profiter d'élections décriées par tous. A l'approche du jour «J», nos politiques font de la surenchère, comme pris déjà par la fièvre du pouvoir. Chacun y va de sa formule. Chacun pousse plus loin le bouchon. Chacun se place dans la pire des déclarations. Bien sûr, l'abstention fait peur, qui peut discréditer le scrutin et le pouvoir lui-même. Dès lors, les relais de ce même pouvoir dépassent les bornes de l'entendement politique. Les observateurs nationaux y voient une fuite en avant, résultat d'une panique évidente.Le patron du FLN, dans un discours alliant bravade et autosatisfaction, place son parti comme l'élément central de l'Etat, sans qui le pays ira tout simplement vers un séisme national ; car le FLN a mené le combat pour la libération, a édifié la Nation et développé son économie. Pour cela, il invoque Krim Belkacem, exhibant sa signature au bas de la dernière page des Accords d'Evian, pensant frapper nos esprits ; il énonce la longue liste des réalisations grandioses menées sous la houlette du FLN, comme le logement, les autoroutes, le chemin de fer. Et le reste ! Le patron de ce parti va même plus loin ; il affirme qu'il disposera d'une majorité écrasante et le taux de participation dépassera les cinquante pour cent des électeurs. Je voudrais rappeler, ici, dans cet espace de parole, que le FLN nous avait, à l'époque, vendu la révolution agraire comme étant la panacée à notre autosuffisance alimentaire ; cette révolution agraire qui a transformé nos fellahs en bureaucrates patentés.Comme il nous avait, à l'époque, vendu la gestion socialiste des entreprises, comme étant la panacée à l'industrialisation du pays ; cette GSE qui a métamorphosé nos ouvriers en patrons dans différentes assemblées (ATU, ATE”?). Et voilà que notre socialisme spécifique (!) a fait pschitt, que notre industrie produit de l'importation et que nos terres arables souffrent de ne rien produire.Le patron du Parti de la voie authentique (PVA), lui, ne va pas de main-morte. Celui qui ne vote pas est, tout simplement, un traître envers la nation et son peuple. Aïe, ça me rappelle ce parti, dans les années 1990, qui promettait l'enfer à celui qui ne votera pas pour ses poulains ; l'enfer, nous l'avons eu ! Si je résume la pensée du SG de ce parti, si je ne vote pas demain, je serai un traître. Pardon, je prends tout de même ce risque. Autant, dans ce cas-là , accéder au vœu du patron du PRA de rendre obligatoire le vote. Ainsi, la carte de vote sera exigée par tous les services publics. C'est aussi simple que cela. Je rappelle que le credo de cet homme politique a toujours été la démocratie.Et le wali d'Alger qui aurait déclaré «h'raymi» tout Algérien, en âge de voter, qui ne voterait pas lors des législatives. Cela vaut-il pour le 4 mai, ou pour toutes les élections à venir, y compris pour les présidentielles de 2019 ' Néanmoins, je prends une précaution, puisque j'ai utilisé le conditionnel ; si ce wali n'a pas tenu de tels propos, il faut qu'il fasse un démenti. Parce que «qui ne dit mot”?». Mais là aussi, je prends ce risque ! Et l'autre, je ne me rappelle plus du sigle de son parti, qui parlerait de «semence sioniste». Là, également, il faut à l'auteur de cette sentence de démentir si, par hasard, il n'aurait pas tenu de tels propos. Bon, je ne voudrais pas revenir sur la pathétique déclaration du patron de l'ANR qui, selon lui, une Assemblée élue par la fraude peut bien remplir le vide d'une Assemblée inexistante.Je ne comprends pas si ces partis sont en manque d'argument, ou si c'est la fougue exagérée de l'Algérien qui les fait réagir, sans discernement ni raison. On veut forcer la main au citoyen. On veut le faire voter de force. Par l'obligation. Par la culpabilité. Par flatterie patriotique. A moins que ces gens-là tiennent un «discours de la panique», comme le dit si bien un confrère. L'abstention fait-elle à ce point peur, pour que les porte-voix du pouvoir perdent leur sens de l'argumentation ' Ne serait-il pas plus simple de défendre, chacun en ce qui le concerne, son programme ; d'autant que l'on nous dit les partis d'opposition n'ont d'autre programme que de demander le départ du Président ' Pourquoi donc s'affoler ' Laissez les électeurs, en leur âme et conscience, décider de voter. Ou de ne pas voter.Puis, ces électeurs ont d'autres chats à fouetter, en ces temps où leur pouvoir d'achat est brisé menu. Car ce fichu panier, il faut bien le remplir ; mais la mercuriale donne le tournis au porte-monnaie le plus vindicatif.Puis, quand j'entends dire que sept cents contrôleurs vont quadriller Alger, pendant le mois de jeûne, pour éviter l'envolée des prix, j'ai envie de crier à l'oreille la plus sourde que cette décision insulte le peu qui me reste d'intelligence. Comme si durant les onze mois précédant Sidna Ramadhan, ces sept cents contrôleurs sont confinés dans leur bureau à faire les cruciverbistes.Ah, comme j'aurais aimé que ces élections soient un poisson d'avril ! Comme j'aurais aimé que la banane soit vendue à cinquante dinars et que Laurent Blanc soit l'entraîneur de l'équipe nationale, même si c'est véritablement un poisson d'avril.
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