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Youcef Merahi[email protected]/* */Décidément, les prochaines élections suscitent des déclarations qui sont pour le moins difficiles à cerner. S'il est vrai que la politique est le reflet de la société, il n'en demeure pas moins que le politique, lui, est tenu de proposer, d'argumenter, d'expliquer, de rassurer et, surtout, de convaincre l'électeur. Mais voilà que le patron de l'ANR ose un pari fou ; à Sétif, il déclare : «Il vaut mieux avoir une assemblée élue par la fraude que de ne pas en avoir du tout» (in Liberté du 27 mars). Attendez, je me frotte les mirettes. Que je relise ce non-sens politique. C'est bien ce qui est reporté par ce journal. Une assemblée élue par la fraude que de ne pas en avoir du tout. Rien que ça ! Que je réfléchisse un instant ! Si je comprends bien, le patron de l'ANR accepterait la fraude, la fraude ! Juste pour siéger dans une assemblée élue. Mais s'il y a fraude avérée, il n'y a pas eu élection. Par fraude, je comprends bourrage des urnes. Je comprends trucage des procès-verbaux des bureaux de vote. Je comprends tripatouillage des listes électorales. Je comprends vote d'électeurs décédés. Par conséquent, il n'y a pas eu d'élections du tout. Et l'éthique dans tout ça ' Et la morale ' Et la probité ' Et les conséquences d'une assemblée pareille ' Des députés, en forme d'épouvantail, qui lèvent la main, dans une gestuelle pavlovienne, une fois que le prince aura sifflé le début de la partie. Des députés, en forme de tiroir-caisse, qui se sucre sur le dos du peuple. Un tel responsable doit être disqualifié pour un tel propos ; mais cela ne semble choquer personne. Ni parmi les tenants du pouvoir, ni parmi les partis d'opposition, eux qui sont prompts à parler de fraude avant terme. Parmi le personnel politique algérien, depuis la grande blessure d'Octobre, il y a eu celui qui vendait aux Algériens une mer en milieu du désert, celui qui «lasérisait» le ciel pour fanatiser davantage ses ouailles et, maintenant, il y a celui-ci qui nous vend une assemblée élue (!) par la fraude, comme étant la panacée. Malheureusement, le ridicule ne tue pas ; autrement, il y aurait une hécatombe dans notre pays. Comme l'autre qui, à partir de Khenchela, pose une question hautement stratégique (!) : «Que ferons-nous au lendemain des élections si tous les Algériens boudent les urnes '» Vaste question, n'est-ce pas ' Tout simplement, que le peuple aura disqualifié le système actuel ! A moins de monter une assemblée par la fraude !Il paraîtrait que des bateaux de bananes accostent dans nos ports. El-banene, ya kho ! Au point où le «Periscoop» du Soir d'Algérie parle de «Banana connection». El-vanene, a gma ! Je veux décompresser par cette histoire de banane qui, faut-il le rappeler, coûte un bras au consommateur. Permettez-moi de reprendre cette flibusterie commerciale liée à la banane ; juste pour oublier, un court instant, ce vocable de fraude qui, insidieusement, s'insinue dans mes neurones, affolent mes synapses et crée en moi une tempête cervicale. Donc des bateaux, pleins à ras-le-bord de bananes, arrivent dans nos ports, sans autorisation des services concernés. Jusque-là , tout va bien ! Puis, ces bateaux sont saisis par les Douanes algériennes. Re-puis, ces montagnes de bananes sont revendues aux enchères. Des prête-noms accourent pour acheter les régimes de bananes, au profit d'importateurs frauduleux. Le tour est joué ! C'est de la prestidigitation à l'algérienne, ou je n'ai rien compris au négoce de la banane. Ni au négoce des élections qui donneraient une assemblée «élue par la fraude». J'ai vraiment besoin de décompresser, pour de vrai. Mes angoisses semblent refaire surface ; ça m'inquiète au plus haut point. Pourvu que les suspicions sur l'usine de montage automobile de Tiaret soient un bide total. Autrement, ce serait la cata pour un bon bout de temps. Comment tirer le bon grain de l'ivraie ' Au point où tout se falsifie dans ma propension à vouloir comprendre, c'est un tort, l'Algérie. Ceci pour vous dire qu'il n'est pas simple de décompresser chez nous. Tenez, à Blida, une opération de «rosérisation» a été lancée au grand bonheur des citoyens. Mais qui a décidé que Blida était la ville des roses ' Maâlich, soit ! Il ne suffit pas de planter des roses pour qu'une ville sente la rose, n'est-ce pas ' Comme il ne suffit pas de planter des palmiers à l'entrée d'Alger, enfin la Moutonnière, pour que notre capitale rappelle Los Angeles. Il faudrait aussi, et surtout, être comme le jardinier, dont la vocation est d'arroser, de biner, d'enlever les mauvaises herbes ; enfin d'entretenir son jardin. C'est valable pour Blida et toutes les autres villes d'Algérie. Les lauriers de Tizi ne donnent plus de fleurs, pour la simple et bonne raison qu'ils bouffent de la poussière et des particules fines à longueur de journée ; puis, ils crèvent de soif en été. De plus, si Alger était réellement blanche, elle ne l'est plus désormais. Abdelmadjid Meskoud n'a pas fini de pleurer sa capitale, comme je n'ai pas fini de pleurer Tizi-Ouzou, éventrée en milieu par de vilaines trémies. Et si Malika Boussouf lance son cri «Il devrait toujours pleuvoir sur Alger», je mêle mon cri au sien pour dire qu'il devrait toujours pleuvoir sur toutes les villes d'Algérie, qui ne sont plus ce qu'elles étaient. Par conséquent, je ne m'offusque pas quand des millions d'Algériens se rendent en Tunisie pour s'oxygéner. On a toujours parlé de la magie du désert ! Laissez-moi rire, il n'y a pas plus de magie qu'ailleurs ! Puis, ce n'est pas en créant des agences de tourisme que l'on va susciter cette vocation. Ou que l'on va faire de Timimoun un coin touristique. Et ce n'est pas parce qu'il y a des montagnes qu'il y a forcément de l'agriculture de montagne ! Je l'aurais vue sur les hauteurs de la Kabylie.
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