
On y trouve de tout et pour toutes les boursesAvec l'inflation et la dégringolade du dinar, leur pouvoir d'achat n'a jamais été aussi faible. Mais certains foyers ont trouvé le moyen de perpétuer cette tradition et faire plaisir à leurs enfants. Appréciez plutôt...Les foyers déjà saignés à blanc par les commerces de bouche, sont en train de laisser leurs dernières plumes chez les boutiques de prêt-à-porter. En effet, comme c'est de tradition la deuxième semaine est consacrée aux achats de l'Aïd, en particulier les vêtements. Mais cette année, cette tradition est difficile à être perpétuée par de nombreux foyers déjà saignés à blanc avec un Ramadhan des plus difficiles. Avec l'inflation et la dégringolade du dinar, leur pouvoir d'achat n'a jamais été aussi faible. Alors que d'habitude les ménages algériens passaient un Ramadhan tranquille avec 40.000 dinars, ils ont consacré cette année un budget de 56.000 DA pour les familles moyennes et près de 90.000 DA pour les familles aisées, révèle un sondage de l'Association pour la protection et l'orientation du consommateur et son environnement (Apoce). C'est dire la valeur qu'a perdue notre monnaie nationale au grand dam des pauvres citoyens. D'ailleurs, ce même sondage révèle que les chefs de famille vont consacrer un budget de 8000 DA par personne pour les vêtements de l'Aïd el-Fitr, alors que ce budget était de moitié l'année dernière. C'est donc la banqueroute assurée pour des foyers! Il suffit de faire un petit tour dans les artères de la capitale pour constater cette amère réalité. Des milliers de personnes prennent d'assaut les boutiques du prêt-à-porter, laissant de côté les commerces de bouche, les loisirs avec les belles «sahrate» et même la prière des «tarawih»...du fait que les soirées sont trop courtes. L'engouement est donc là, mais les prix freinent les ardeurs! Les prix flambent! La marchandise est disponible, il y en a pour tous les goûts, mais cela reste très cher. Aucune logique économique, cela ne semble pas du tout répondre à la loi de l'offre et de la demande. Néanmoins, il reste quelques bons plans qui permettent aux familles de faire quelques bonnes affaires. Les «marchés des pauvres» comme ils les qualifient. Premier endroit indiqué est la petite commune de Bachdjarah avec ses innombrables centres commerciaux ou plus communément appelés «bazar». Ce sont de véritables cavernes d'Ali Baba. On y trouve de tout pour tous et pour toutes les bourses. Que ce soit pour hommes, femmes, adultes ou enfants. Des habits classiques aux accoutrements dernière tendance. Les foyers y trouvent leur bonheur en déambulant dans les allées de ces centres commerciaux. Mais ce qui est le plus marquant, ce sont les prix affichés qui paraissent très abordables. Ça va de 500 DA pour un pantacourt à 900 DA pour un chemisier. 1000 à 1500 DA pour les pantalons. On peut y trouver des sandales à 1000 et 1200 DA, des baskets à 1800 DA. «Avec 3500 DA, j'ai réussi à habiller mon fils, chaussures comprises», rapporte tout sourire une mère de famille qui semblait être ravie des «affaires» qu'elle venait de réaliser. Il n'y a pas que les centres commerciaux de Bachdjarah où l'on fait de bonnes affaires. Le marché de Rouiba, qui est connu sous le nom de «la braderie», est également conseillé pour faire ses emplettes. Les marchands s'y installent avant le f'tour, mangent ensemble sur place en attendant des clients qui affluent de partout une demi-heure à peine après la rupture du jeûne. Les familles semblent s'être passé le mot! Les artères de cette petite ville sont obstruées par le flot de véhicules des familles venues pour y faire des bonnes affaires.Il faut garer le véhicule à l'entrée de la ville et faire quelques kilomètres à pied pour arriver à bon port. Les prix sont aussi abordables que ceux de Bachdjarah.Les clients qui viennent de partout sont ravis! A leur grand bonheur, ils trouvent enfin des endroits où ils peuvent faire leurs achats sans être saignés! En plus de ces deux endroits phares, il y a des «valeurs sûres» pour faire de bonnes affaires. Il y a bien sûr l'incontournable marché d'El Djorf surnommé «Dubaï». La place Audin et certains magasins des rues Larbi-Ben M'hidi et Didouche-Mourad à Alger-Centre sont aussi connus pour leurs soldes. Tout comme le magasin le Printemps d'El Mohammadia qui est connu pour ses prix bas tout au long de l'année et cerise sur le gâteau offre des produits de qualité. Néanmoins, pour les moins nantis, il reste la bonne vieille friperie. Elle demeure la source d'approvisionnement des milliers de familles en Algérie en vêtements usagés. «La friperie est, pour nous les pauvres, notre seul moyen d'acheter des vêtements à des prix abordables», affirme une dame rencontrée dans une «fripe» de Kouba. Voilà donc un petit tempo des achats de l'Aïd dans la capitale. Il reste encore quelques jours pour les finaliser avant de s'attaquer aux gâteaux. C'est la tradition...!
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Walid AIT SAID
Source : www.lexpressiondz.com