Plaidoyer pour la relance de la productivité agricole
Le ministre de l’Industrie et de la Promotion de l’investissement était, hier, l’hôte du Forum des chefs d’entreprises, réunis à l’hôtel Aurassi. Le ministre est intervenu en fin de matinée à l’issue de la lecture des recommandations des différents ateliers (lait, pomme de terre, tomate et huiles) mis en place lors de la rencontre. L’occasion pour lui de constater «qu’il y a prise de conscience des opérateurs économiques de la nécessité de prendre en charge leur problème et d’oublier l’Etat». Expliquant qu’il a relevé que l’assistance revendiquait une régulation du marché, Temmar s’est interrogé «d’où viendra cette régulation? De l’Etat ou des associations interprofessionnelles?», avant de préciser que dans le reste des pays du monde «ce sont les professionnels qui le font». Evoquant la problématique de la mise à niveau des entreprises industrielles, l’invité du FCE dira que le gouvernement a quatre projets de mise à niveau et à la fin du mois de juin, le gouvernement communiquera sa stratégie sur cette question. Abordant le secteur agricole, Temmar dira que «nous avons un problème de productivité» tout en expliquant que «jusqu’à maintenant nous avons vécu avec une politique d’aide, mais le gouvernement a décidé d’aller à la relance de la production nationale». Et de préciser que «la stratégie du gouvernement est basée sur la relance de la production agricole». «Où est l’Etat dans cette affaire?» s’interroge Temmar comme pour poser la problématique. «L’Etat doit faire de la régulation et de la protection du consommateur son cheval de bataille. Le consommateur doit être considéré comme étant un agent économique», note M. Privatisation comme affectionne à le surnommer la presse nationale, avant d’interroger: «est-ce que l’Etat doit financer la production?». Grand Dieu non ! semble dire Temmar. «C’est terminé le financement de la production. C’est de l’histoire ancienne, maintenant l’Etat finance la productivité, c’est-à-dire l’amélioration de la qualité de la production». Evoquant le problème des fermes de l’Etat, le ministre de l’Industrie et de la Promotion des investissements en dénombrera 119. Il dira à ce sujet que ces fermes seront destinées à prendre en charge les problèmes «in between dans le cadre de la stratégie industrielle». D’autre part, le ministre insistera, à maintes occasions lors de son intervention, sur l’importance du secteur de l’agroalimentaire. «L’agroalimentaire est une branche indispensable à la production nationale». A ce sujet, il martèlera que l’Etat défendra une amélioration de la production nationale. Par ailleurs, la rencontre du Forum des chefs d’entreprises, qui a duré deux jours, a mis en évidence un certain nombre de vérités. A commencer par les problèmes de sécurité alimentaire qui se posent au pays. C’est ainsi que la flambée des prix des produits de première nécessité, notamment le lait et la semoule, met de nouveau sur la table la problématique de cette sécurité qui semble fuir l’Algérie. Ce problème a été au centre de la première journée de ladite rencontre. En dépit de la mise en œuvre d’un colossal programme national de développement de l’agriculture, l’Algérie peine à assurer sa sécurité alimentaire. Plus de 400 milliards de dinars, dont 314,5 milliards, ont été alloués au titre des différents fonds et 85 milliards au titre de budget d’équipement, soit une moyenne de 50 milliards de dinars par an, ont été consacrés au soutien à l’agriculture, entre 2000 et 2007. «Le secteur de l’agriculture est bien nanti en matière de mobilisation des ressources financières», a noté un responsable du ministère de l’Agriculture. Les patrons ont, cela dit, décidé de se revoir dans six mois pour voir comment avancent les choses.
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Samira Illoul
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com