Du pain sur la planche pour le chef de l'Etat dont la feuille de route a été sérieusement contrariée, d'abord par la pandémie de Covid-19, ensuite sa longue convalescence en Allemagne et, enfin, son exécutif qui tangue par l'approximation qui caractérise l'action de bien de ses membres.M. Kebci - Alger (Le Soir) - A telle enseigne que Abdelmadjid Tebboune se retrouve presque au point initial de sa démarche quand bien même celle-ci a franchi une étape, celle de la réforme constitutionnelle dont le référendum du 1er novembre a révélé, chiffres à l'appui de par le taux historique de boycott, toute l'étendue de la crise de confiance entre le sommet et la base.
D'où les priorités qui s'entassent pour le chef de l'Etat, appelé, à la fois, à relancer son agenda politique et à agir sur les effets collatéraux de la crise sanitaire et de l'action mitigée de son gouvernement.
A peine de retour au pays après son second séjour médical en Allemagne, Tebboune s'est remis au travail. Il a, deux jours durant, samedi et dimanche derniers, eu des consultations avec six chefs de partis politiques, Soufiane Djilali de Jil Jadid, Abdelkader Bengrina du mouvement El Binaa, Abdelaziz Belaïd du Front el Moustakbal, Fillali Ghouini du mouvement Islah, Abderrezak Makri du MSP et, enfin, le duo Youssef Aouchiche et Hakim Belahcel du FFS.
Des acteurs politiques en attente d'autres que le chef de l'Etat recevrait dans les tout prochains jours, qui ont indiqué, pour leur quasi-majorité, à l'exception de ceux du doyen des partis de l'opposition, avoir discuté de la question des élections législatives anticipées qui conféreraient au pays une «vraie représentativité politique». Mais pas que cela puisque les interlocuteurs de Tebboune ont plaidé pour des mesures urgentes à l'effet de diminuer de la situation sociale des Algériens.
Des doléances qui dictent au premier magistrat du pays des mesures concomitantes, comme un remaniement du gouvernement ou carrément un changement de l'exécutif dont il a avoué publiquement son mécontentement à propos de l'action de certains de ses membres.
Seconde priorité pour Tebboune, la tenue d'élections législatives anticipées qu'il avait initialement prévues pour la fin de l'année écoulée avant que les effets de la crise sanitaire due au coronavirus ne les remettent en cause.
A ce propos, des chefs de partis comme ceux de Jil Jadid, d'El Binaa et du Front el Moustakbal ont plaidé pour leur tenue dans les meilleurs délais, accompagnant leur réclame par la dissolution préalable de l'actuelle Assemblée populaire nationale, héritée de l'ère de la «bande». Mesure que Abdelaziz Bélaïd a annoncée, avant-hier dimanche, pour imminente. Et dans cette perspective, Tebboune devra prendre connaissance prochainement de la copie finale du projet de loi amendant la loi électorale. Un texte qui a fait l'objet d'une large concertation épistolaire et médiatique parmi les partis engagés dans ce processus institutionnel. Avec, il faut le relever, des pommes de discorde comme le seuil des 4% des suffrages exprimés lors des précédents scrutions exigé des partis politiques pour prendre part aux futures élections, Des points litigieux dont l'arbitrage de Tebboune sera déterminant.
Le FFS répond à ses détracteurs
Par ailleurs, la direction nationale du Front des forces socialistes a répliqué aux violentes critiques dont elle a fait l'objet de la part d'activistes mais surtout de militants et de cadres du parti après la rencontre de deux de ses membres avec le chef de l'Etat.
Dans un post sur sa page Facebook, Hakim Belahcel, membre de l'instance présidentielle du FFS, affirme tout de go : «Habitué à être la cible privilégiée des feux croisés des nervis de tout acabit, le FFS saura, comme de coutume, faire face à cette nouvelle campagne de dénigrement et de diffamation.» Et de s'interroger : «Quel est ce crime impardonnable et innommable que le FFS aurait commis pour mériter les affres de cette salve d'attaques et de reproches ' Est-ce le fait de répondre favorablement à une invitation après une déclaration d'appel au dialogue pour débattre de la crise multiforme nationale' Ou est-ce parce qu'on doute de la probité politique et intellectuelle de la délégation qui a représenté la direction nationale ' Ou plutôt parce que la direction nationale actuelle du FFS aurait enfreint par cette rencontre la ligne politique originelle '»
Pour Belahcel, cette rencontre avec le chef de l'Etat a «énormément bousculé et dérangé les promoteurs et les défenseurs de l'immobilisme politique dans le pays», accusant «ceux qui ont toujours ?uvré pour entretenir le FFS dans les méandres d'une interminable crise interne, de l'empêcher de jouer un rôle déterminant et décisif dans le dénouement de cette grave crise politique nationale».
Et de considérer que ce sommet avec Tebboune «s'inscrit en adéquation et en stricte cohérence avec l'effort historique du FFS depuis des décennies, à créer les conditions favorables pour convaincre les tenants du pouvoir de s'inscrire dans un processus de sortie de crise à moindre coût et d'une manière urgente», rappelant dans un second post que «Aït Ahmed a rencontré Chadli et Zeroual à El Mouradia, il a rencontré Nezzar au MDN, il a demandé à Djedai d'aller rencontrer Bouteflika. Il a eu aussi à refuser de rencontrer le pouvoir quand il a estimé que l'opportunité politique n'était pas au rendez-vous.
Il a aussi invité à maintes reprises le pouvoir à dialoguer sans que ce dernier réponde. Il a rencontré le FIS, Anouar Haddam, Djaballah, d'autres et ce n'est pas aujourd'hui que Zitout dicte au FFS ce qu'il devrait faire et l'insulte en le traitant de Issaba. Pour moi, le plus important, c'est ce qu'a dit le FFS à Tebboune».
M. K.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Kebci
Source : www.lesoirdalgerie.com