
C'est devenu une tradition bien établie, ces dernières années, que les candidats à la présidentielle en France ? ou du moins certains d'entre eux qui ?uvrent pour sceller des relations solides et décomplexées entre l'Algérie et la France ? s'invitent dans notre pays à la veille de l'élection à magistrature suprême.Le programme de la visite est le meilleur baromètre pour jauger le positionnement d'Alger par rapport aux candidats en lice, même si officiellement l'Algérie n'a pas, ou n'a pas à avoir de candidat dans une élection qui ne la concerne pas directement. Mais cela ne signifie pas pour autant que l'Algérie n'a pas de préférence. L'accueil chaleureux réservé à l'ancien candidat malheureux de la primaire de la droite, Alain Juppé, présenté par les sondages en France comme le candidat favori de la prochaine élection présidentielle avant le cinglant démenti du vote de la primaire qui avait plébiscité son rival François Fillon, laissait penser que l'Algérie avait fait son choix.Pour d'autres considérations liées moins à ses chances dans cette élection qu'aux liens charnels qui le lient à l'Algérie de par ses origines, le candidat socialiste Arnaud Montebourg avait été entouré lui aussi de toutes les sollicitudes lors de son déplacement de campagne à Alger. L'un des rares candidats auquel les autorités n'ont pas déployé le tapis rouge, c'est François Hollande, il n'avait été reçu par aucun officiel algérien. Il s'est contenté de rencontres avec les dirigeants du Fln et des représentants de la société civile et d'une visite de courtoisie à notre journal.A-t-il été snobé par les autorités algériennes, ou s'agissait-il d'un choix délibéré de la part de celui qui allait s'installer à l'Elysée pour cinq ans, préférant jouer la carte politique de la société civile contre le système pour ne pas se compromettre vis-à-vis de l'opinion française, mais surtout de l'électorat français d'origine algérienne qui représente un gisement de voix non négligeable, courtisé par tous les candidats.La diplomatie algérienne a-t-elle mal apprécié les chances de François Hollande ' La visite de deux jours en Algérie entamée hier par Emmanuel Macron, l'ancien ministre de l'Economie du gouvernement socialiste de François Hollande qui se présente comme le candidat transpartisan ? ni droite ni gauche ? est d'autant plus suivie que la cote de ce candidat-surprise ne fait que monter dans les sondages, au point d'inquiéter sérieusement les appareils politiques traditionnels qui se relaient au pouvoir.Fort de l'empathie que rencontre sa candidature sur le terrain, le candidat du mouvement En Marche est venu à Alger avec dans sa manche des atouts et des différences par rapport à ses concurrents qu'il espère faire valoir devant les autorités algériennes : sa virginité politique par rapport au passé historique qui empoisonne les relations entre les deux pays et sa vision nouvelle des rapports entre l'Algérie et la France. Les dirigeants algériens semblent bien être tombés sous le charme de ce candidat qui pourrait, selon les sondages, créer la surprise.Jamais candidat à l'élection présidentielle française n'a été reçu à Alger avec autant d'égards : des rencontres à un haut niveau, dépôt de gerbe de fleurs à Makam Echahid et autres signes ostentatoires pour donner du relief et du poids à cette visite. Une débauche de gestes protocolaires qui dépassent toutes les limites de la diplomatie «secrète» qu'impose ce genre d'événement qui requiert une discrétion et une lucidité à toute épreuve pour ne pas avoir à griller ses cartes vis-à-vis des autres candidats.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Omar Berbiche
Source : www.elwatan.com