
L'art plastique, l'art contemporain, les courants artistiques, échanges d'idées et partage d'expériences, tel est le but de l'exposition «Trait d'union» qui se tient du 10 au 24 octobre courant.Tenue avant-hier au centre culturel Mustapha- Kateb de l'établissement Art et Culture à Alger, cette rencontre autour de l'exposition «Trait d'union» a été riche et bénéfique pour les présents. Il est utile néanmoins de souligner que l'exposition «Trait d'union» se tient pour la deuxième fois. «La première s'est tenue en 2013 à la galerie Asselah-Hocine à Alger et c'était une très belle expérience que nous avons tenu à renouveler afin qu'elle s'inscrive dans la continuité avec à chaque fois de nouveaux artistes qui exposent?», a déclaré Omar Khiter, peintre et musicien, à l'origine de cette rencontre. Près d'une quarantaine de toiles et tableaux de tous les styles, de toutes les générations et de toutes les écoles ornent les cimaises de la galerie du centre culturel Mustapha-Kateb. Cette exposition regroupe vingt-cinq artistes d'Alger et d'autres wilayas du pays. Entre autodidactes et académiques, ils sont tous désireux de faire connaître auprès du public leurs ?uvres. Amina Djerba, jeune artiste plasticienne et céramiste de 27 ans, expose pour la deuxième fois en collectif. Cette diplômée de l'Ecole des Beaux-Arts d'Alger cultive une réelle passion pour son métier. Trait d'union est sa deuxième exposition collective. Sa première a eu lieu à Oued Souf où elle avait exposé une dizaine de tableaux autour de l'art berbère. Artiste originale, Amina participe à cette expo avec trois tableaux, La Rosa, le Chat et Ghardaïa, dont l'imaginaire en mouvement s'effectue dans l'organisation d'images et de signes menés par de profondes convictions. Allalou Athmane a étudié à l'Ecole des Beaux- Arts d'Alger. Calligraphe de 33 ans, Athmane est une perle à saisir. Ses ?uvres de calligraphie se sont largement distinguées avec leur originalité, la technique très précise qu'il maîtrise et sa touche personnelle qu'on distingue sur ses toiles. Son ?uvre est exposée en grand format au centre des loisirs Ardis à Alger. Atika, la doyenne de l'exposition, a 76 ans.Cette éternelle nostalgique et passionnée d'art ne se pose aucune limite pour exprimer son amour et sa passion. «N'ayant pas pu apprendre en étant jeune, car les conditions étaient très difficiles, j'ai commencé mon apprentissage il y a de cela 3 ans. J'apprends le dessin dans des ateliers d'initiation quand j'en trouve», dit-elle. Cette dynamique septuagénaire a participé avec un tableau représentant une vieille brouette détournée de sa fonction et tansformée en pot de fleurs. «La nature m'a inspirée quand j'ai vu cette vieille brouette avec de jolies roses rouges pétillantes de vie. J'ai tout de suite voulu l'immortaliser sur un tableau», a- t-elle dit.Savoir, technique et passionMohamed Labidi, enseignant en retraite de l'Ecole des Beaux-Arts, a partagé avec les présents son expérience pédagogique en insistant sur la nécessité de se former et de s'instruire. Cet enseignant modeste et humble a soulevé une problématique unique dans son genre lors de sa soutenance de fin d'études en 1981.Il s'agit de l'évolution du costume masculin depuis la conquête arabe à nos jours. «Pourquoi évoluer avec un costume occidental et délaisser le notre, telle était ma problématique?» dira M. Labidi. Lors de cette table ronde, chacun des présents a eu la parole pour évoquer et soumettre les difficultés qu'il rencontre, les questionnements qui le taraudent et les solutions qui lui semblent efficaces. «Les études et la formation sont la base de tout. Il faut aussi rapprocher les domaines artistiques car l'échange et le partage d'expériences est bénéfique pour tous», explique M. Labidi. «Pour ceux qui ne peuvent pas faire les Beaux- Arts, ils devraient se diriger vers les écoles et centres de formation qui forment dans les arts plastiques tout en se documentant et en s'ouvrant sur toutes les cultures, car même en étant autodidacte, on peut commencer en aval ou en amont ; il faut être armé en informations techniques dans les arts plastiques», fera savoir M. Labidi. Il a également expliqué avec sa longue expérience didactique les termes de vernissage, d'art Plastique, d'art contemporain?L'art dès l'école primaire«Trait d'union est une très bonne initiative qu'il faudra inscrire dans la continuité. Il faut arriver à créer des traditions artistiques en Algérie et prendre la responsabilité d'organiser ce genre d'initiative», dira Madjid Guemroud, enseignant et artiste plasticien, dont la source d'inspiration émane des tréfonds de notre histoire.Il expliquera par ailleurs que la peinture est un art récent en Algérie. «Pas plus de 70 ans d'art en Algérie. Si on commence à collectionner et à acheter dès maintenant des ?uvres, on va collectionner les chefs-d'?uvre des précurseurs de demain, car nous sommes un pays jeune, tout est en construction, et je considère que c'est une chance inouïe? En Europe, c'est difficile, tout a déjà été fait? Malheureusement, le clair-obscur trône chez nous. Nous n'avons pas de public qui s'intéresse à l'art, il ne vient pas aux salles d'exposition, et là, on revient à parler d'éducation nationale, car il est nécessaire que les jeunes enfants apprennent dès le primaire à apprécier l'art?
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Sara Boualem
Source : www.letempsdz.com