
Nos confrères du quotidien El Watan devaient inaugurer, ce week-end, leur nouveau siège national, un joyau architectural sis au quartier du Ruisseau, à Alger, et bâti au prix d'un effort financier sur fonds propres. Cette bâtisse, dont les travaux de réalisation ont été entamés il y a quinze ans, fait, incontestablement, la fierté de toute la presse nationale en ce qu'elle symbolise comme accomplissement, le long processus de l'autonomie totale d'un des tout premiers titres de la presse indépendante, née en Algérie il y a de cela vingt-six ans.Nos confrères ont été, toutefois, surpris, en pleine nuit de jeudi à vendredi, alors qu'ils procédaient au déménagement nécessaire pour aménager les nouveaux locaux, par un invité-surprise : un dispositif policier déployé alentour du nouveau siège pour interrompre toute l'opération.Officiellement, aucune explication n'a été fournie à nos confrères, si ce n'est de peu convaincantes raisons avancées par un élu local de l'APC de Kouba et du wali délégué. A l'évidence, la décision d'empêcher la rédaction d'El Watan de s'installer dans ses nouveaux locaux se situe largement au-dessus de ce niveau des responsabilités.Elle est à chercher à des niveaux supérieurs de la hiérarchie étatique, comme en témoigne le déploiement rapide et toujours en vigueur du reste, du dispositif policier obligeant, in fine, nos confères à revenir dans les anciens locaux d'El Watan, à la Maison de la presse Tahar Djaout, à Alger, avec tout ce que cela induit comme désagréments. Désagréments, mais aussi inquiétudes légitimes quant aux suites que le pouvoir réservera à cette affaire qui ne fait certainement que commencer.Le Syndicat national des journalistes, qui exprime, naturellement, toute sa solidarité à ses confrères d'El Watan, s'interroge sur les desseins réels de cette décision, assurément prise en haut lieu, et consistant à «invalider» le droit de jouissance d'un bien propre à un quotidien, il est vrai connu pour s'être toujours distingué par une ligne éditoriale pas souvent conforme aux standards conçus par le pouvoir en guise de normes «déontologiques», voire même journalistiques.Comme dans l'affaire El Khabar, l'on a affaire, ici, à un autre cas type du traitement par le «deux poids, deux mesures» par un pouvoir qui déploie les gros moyens pour bloquer un ambitieux projet médiatique, par souci de protéger quelques misérables mètres carrés réclamés par une APC, et fermant complaisamment l'œil sur des centaines de cas de violations des lois régissant le secteur. Cela va de l'audiovisuel au code de l'information en passant par la législation du travail que certains médias, tous proches du pouvoir, par hasard, ne reconnaissent même pas, jetant, au passage, dans la précarité et l'incertitude des lendemains, des milliers de nos confrères.P/ le Syndicat national des journalistes, le Secrétaire général, Kamel Amarni
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Soir d'Algérie
Source : www.lesoirdalgerie.com