C?est juste quelques bribes d?un chapelet infiniment plus long pour un mois de Ramadhan, marqué par deux doutes cruciaux (au sujet des dates marquant son début et sa fin) et qui fait marcher à plat ventre le pays. Au point de ne plus se poser d?autre question ; parce que ce n?est pas la peine. Ainsi le chef du gouvernement Ouyahia y est encore allé de sa superbe suffisance face à la presse : il annonce avec certitude qu?il sera à son poste en février, mais que dans l?opaque coalition, « il faut chercher longtemps avant de trouver un sujet de discorde ». Dans ce registre de mots trompeurs, l?avocat Ksentini, président de la commission officielle régulatrice de nos prétentions aux droits humains (CNCPPDDH), plutôt du côté du manche du bâton qui réduit ces droits, s?est caché derrière son doigt pour justifier l?absence de débat contradictoire qui a fait passer comme une lettre à la poste suisse le dernier référendum. « Que voulez-vous faire, plaide-t-il, si l?opposition ne se manifeste pas et reste carbonisée comme elle est ? Ce n?est pas le rôle du président de la République de l?animer. Elle s?est montrée particulièrement inerte » (Liberté, 17 octobre). Il y a du vrai : on n?a jamais vu dans le monde un chef de l?Etat faire du bouche-à-bouche à ses réels opposants pour les remettre d?aplomb. Mais, tout comme les « bilans » du chef du gouvernement tournent rituellement le dos aux réalités, ceux de Ksentini éludent les ressorts objectifs qui font que l?opposition démocratique est « carbonisée ». « Le chameau ne voit pas sa bosse », dit la sagesse du terroir. A force de crier haro sur la France, l?Espagne, et maintenant le Maroc, qui maltraitent comme pas possible les envahisseurs desperados (dont ô combien d?Algériens !) à l?assaut de tous les grillages, on oublie les surréalistes transhumances subsahariennes qui habitent l?Algérie. Une sobre lettre d?un lecteur du Monde (12 octobre) nous rappelle ces fugitifs qui ne veulent plus « végéter la misère » chez eux et transitent, « en colonne de 30 à 60 hommes, tous jeunes, parfois adolescents, portant dans le meilleur des cas un sac en plastique dans lequel se trouve une réserve d?eau ainsi que quelques dattes et un pull-over. Gare à celui qui par malchance viendrait à se blesser. Ici, personne ne l?attendra ».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Belkacem Mostefaoui
Source : www.elwatan.com