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Surmonter les problèmes de la méditerranée Actualité : les autres articles



Surmonter les problèmes de la méditerranée                                    Actualité : les autres articles
De tous les cadres de coopération ou de simple concertation méditerranéens, ou euromaghrébins, seul celui dit des cinq plus cinq, a réussi à survivre.
Mieux devrait-on dire au sujet de ce cadre dont on insistait à sa naissance en octobre 1990 sur le caractère informel, il a réussi à s'ouvrir sur des domaines sectoriels, mais essentiels, comme la défense et la sécurité. Voilà donc où en est ce forum dont la trajectoire et la vocation géographique ont été au moins contrariées.
A la conférence de Rome, il s'agissait de réunir ce qu'on appelait les cinq pays du Maghreb (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie), et les quatre pays européens (Espagne, France, Italie et Portugal) formant la Méditerranée occidentale. L'objectif restreint géographique était pourtant simple dans sa finalité : surmonter les problèmes que rencontre la Méditerranée ' la question du Proche-Orient étant alors le problème majeur pour promouvoir la coopération. Un tel objectif faisait alors consensus, sauf qu'à la réunion suivante, celle d'Alger, ce n'était plus la Méditerranée occidentale avec l'admission de Malte. D'autres pays de la Méditerranée occidentale souhaitaient eux aussi y être admis, ce qui dénote alors de son intérêt, sauf qu'il a fini par en perdre, l'objectif ayant changé, mais lequel devrait-on alors dire ' Il en est même qui se montraient déçus d'avoir perdu ce cadre, mais aussi pessimistes.
Il est vrai que dès 1995 et dans la foulée des accords palestino-israéliens de 1993, était lancé, à Barcelone, un projet plus vaste, celui du processus euro-méditerranéen, mort dix années tard, et sur lequel, il y a beaucoup à dire. Comme le fait de ne pas tenir ses promesses et le fait pour l'Europe d'imposer pour la rive sud de nouveaux voisins. Il y a eu aussi d'autres initiatives, comme l'Union pour la Méditerranée (UPM) au moins moribond, et dont on se demande encore quelle a été véritablement sa vocation. Ou encore le cadre plus vaste, mais réellement incertain de la conférence Afrique-Europe, elle aussi un projet mort-né.
Autant dire alors que le groupe des cinq plus cinq a pu survivre, à cause probablement de son caractère informel et qu'il reste alors un cadre de discussion qui permet au moins aux dirigeants de la région de se rencontrer, ce qui dans le contexte actuel, est extrêmement important. La chance des cinq plus cinq est de ne pas avoir fait de promesses, il n'a pas vocation pour cela, et c'est ce qui lui a assuré sa survie, car, pas de bilan à faire non plus.
Plus que cela, et dans un contexte marqué par des risques majeurs et des crises multiples, un tel cadre est devenu nécessaire, permettant aux responsables de la région de se rencontrer et de se parler. Ce projet, qui a donc démarré très lentement, en sera dès demain à son deuxième sommet, après celui de Tunis en 2003. Et très certainement, le premier acte de cette rencontre, qui aura lieu à Malte et qui prendra fin samedi, consistera à prendre acte des changements intervenus dans la région. Et quels changements devrait-on dire, s'agissant de révolutions qui ont balayé les régimes de Ben Ali en Tunisie et El Gueddafi en Libye. Ce qu'on appelle le printemps arabe. Avec de nouveaux besoins et des aspirations sans cesse refoulées, et réprimées.
C'est dans ce contexte que se tient ce deuxième sommet avec cet objectif de «revigorer le dialogue, en insufflant un nouvel élan politique» et «d'introduire davantage de régularité au niveau ministériel, et dans les rencontres au sommet», ce qui, a priori, ne semble nullement excessif, l'ambition démesurée n'ayant jamais caractérisé ce forum. Le pays hôte a d'ailleurs rappelé que «sa nature informelle permet une discussion plus franche». En ce qui concerne l'ordre du jour, les questions de sécurité et de défense figureront en bonne place. Il sera aussi question d'immigration illégale, de dialogue politique et des nouveaux domaines de coopération possibles, comme l'éducation, l'environnement et l'énergie. Des ambitions modestes, mais réalistes.
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