Le nouveau code des marchés publics sera finalisé dans moins d'un mois,
avons-nous appris de sources proches du dossier. Les membres de la commission
chargée de l'élaboration du nouveau code, installée par le gouvernement et
supervisée par ce dernier, ont procédé à la modification d'au moins 13 articles
contenus dans l'ancien code (02/250/2002), décrié, pour rappel, par nombre
d'opérateurs économiques, notamment les entreprises relevant du secteur du
BTPH. Le code des marchés publics est ainsi modifié pour la troisième fois
(2003, 2008, 2010), depuis sa promulgation, en 2002.
La nouveauté dans cette dernière
modification du code des marchés publics est que les autorités ont, au
préalable, consulté nombre d'organisations professionnelles pour concertation.
Plusieurs articles et pas des moindres, seront complètement modifiés dans la
nouvelle mouture. Il s'agit notamment, selon nos sources, de la suppression de
la caution de 5%, une préférence nationale à hauteur de 25%, la possibilité de
création de «groupements d'entreprises nationales » pour pouvoir soumissionner
aux méga projets, la favorisation des bureaux d'études nationaux, sauf pour ce
qui est des ouvrages complexes. Le gouvernement aurait également accepté d'installer
une commission paritaire dans toutes les wilayas. Cette commission composée de
représentants de l'administration, de magistrats et de représentants
d'organisations professionnelles, devrait veiller scrupuleusement à
l'application stricte du nouveau code des marchés publics. Tous les
dysfonctionnements dans l'application du code, après sa promulgation, devraient
être rapportés par la commission paritaire au niveau du gouvernement qui
décidera des mesures à prendre. Contacté, le président de l'Association
générale des entrepreneurs algériens (AGEA), Mouloud Kheloufi s'est montré
satisfait des modifications apportées par la commission nationale en charge de
l'élaboration du nouveau code.
Il soutiendra que cela a constitué, depuis des années, le cheval de
bataille de son organisation. Cette dernière, affirme son président, a déjà
adressé, il y a de cela une année, 25 recommandations au gouvernement
concernant le code des marchés publics pour sa modification. Les
recommandations en question, ajoute-t-il, ont été proposées lors des premières
assises de l'AGEA, organisées à Annaba l'année dernière. Mouloud Kheloufi,
estime ainsi que le gouvernement, en corrigeant le code, a accordé une oreille
attentive aux préoccupations soulevées par les entreprises nationales qui se
sont retrouvées, dit-il, «broyées» par des compagnies étrangères qui raflent
des projets pour les sous traiter, par la suite, avec des entreprises locales.
«Avec le nouveau code des marchés publics, nous pensons que nos entreprises
vont pouvoir relever le défi de la qualité sans contraintes majeures », conclut
le président de l'AGEA qui souligne qu'un «code des marchés publics doit être
favorable à la promotion des entreprises algériennes (publiques et privées) »
Le président de l'Union nationale des entrepreneurs du bâtiment (UNEB) Gasmi
Salim abonde dans le même sens et soutient, à son tour, que son organisation a
transmis plusieurs propositions à la Confédération nationale du patronat
Algérien (CNPA) à laquelle elle est affiliée pour la «refonte» du code des
marchés publics. Joint hier par téléphone, le président de la CNPA, Nait
Abdelaziz a affirmé que le gouvernement ne les a pas consultés dans
l'élaboration du nouveau code et que la Confédération nationale du patronat
algérien n'avait, par conséquent, apporté aucune «contribution» dans la
nouvelle mouture. «Nous attendons de connaître le nouveau code des marchés
publics et nous réagirons par la suite», dira M. Nait Abdelaziz.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Z Mehdaoui
Source : www.lequotidien-oran.com