C'est le Premier ministre en personne qui a piloté l'opération ayant abouti à la suppression, par la commission juridique de l'Assemblée populaire nationale, de l'article du code électoral, faisant obligation aux ministres candidats de démissionner trois mois avant l'échéance électorale.
Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - C'est ce que nous révèle une source très bien informée. «Tout simplement, parce que cet article est anticonstitutionnel » ! Ce serait Boualem Bessaieh, le président du Conseil constitutionnel, qui aurait alerté Bouteflika, nous précise notre source. «Le président a demandé à Ouyahia et à Abdelkader Bensalah de rattraper le coup au niveau de la commission juridique de l'APN.» Belkhadem dans tout cela ' Le SG du FLN, ouvertement contre cette disposition pour d'autres considérations, avait perdu une première bataille au sein de cette même commission juridique. Présidée par un député FLN pourtant, la commission n'a pas supprimé l'article 93 en question, et ce, en raison des oppositions conjuguées du Rassemblement national démocratique d'Ouyahia et des présidents de l'APN et du groupe parlementaire du FLN. Pour Ziari, c'était là une aubaine pour empêcher deux prétendants au poste de président de l'Assemblée, Rachid Harraoubia et Tayeb Louh, deux ministres FLN respectivement de l'Enseignement supérieur et du Travail. Alors que pour Daâdoua Layachi, il était surtout hors de question de s'opposer à une proposition de Bouteflika en personne ! Mais tout changera à la suite de «l'alerte» de Bessaieh. Ouyahia, qui avait donné instruction à ses députés de voter toutes les lois liées aux réformes politiques telles que proposées par le gouvernement, et à la lumière de la nouvelle donne, instruit son groupe parlementaire sur la nécessité de soutenir la proposition de Belkhadem quant à la suppression de l'article 93. Le patron du FLN ayant été rassuré lors d'une récente visite que lui avait rendue à son domicile le président du Sénat, Abdelkader Bensalah, qui est à la fois un très proche de Abdelaziz Bouteflika et un membre influent du RND. Ce seront donc toutes ces tractations qui aboutiront à la réunion nocturne de la commission juridique, lundi dernier, où il a été procédé à la suppression dudit article. «Ce sera là la seule concession que nous ferons au FLN» tient, toutefois, à avertir un membre de la direction du RND. Selon notre interlocuteur, le parti d'Ahmed Ouyahia s'opposera fermement à une autre proposition du FLN, celle consistant à ramener de 30% à 20% le quota réservé aux femmes dans les assemblées élues et sur les listes électorales. «Le SG a donné instruction aux députés du parti pour maintenir le quota à 30%. Et sans nous, le FLN ne pourra jamais réussir à faire passer son amendement.» Il faut préciser, en effet, que le parti d'Ahmed Ouyahia détient 81 députés à l'Assemblée dont 62 élus sur ses listes en 2007 et 19 qui l'ont rallié entre-temps. Autrement dit, presque le quart de l'Assemblée. Le FLN, parti majoritaire certes, ne peut rien faire sans les deux membres de l'Alliance présidentielle, lui qui souffre en plus de la dissidence au sein même de son groupe parlementaire, dont une bonne vingtaine de députés ont rejoint le Mouvement de redressement du parti. Entre autres, le coordinateur national du Mouvement ainsi que son porte-parole, Salah Goudjil et Mohamed-Seghir Kara.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : K A
Source : www.lesoirdalgerie.com