La Fédération nationale des associations des personnes handicapées a tiré la sonnette d'alarme concernant l'existence d'une moyenne de 35 000 enfants par an qui subissent des handicaps en périnatalité. Pour les intervenants, il s'agit d'assurer un diagnostic mais aussi une prise en charge adéquate de ces enfants, avec la création de structures qui leur sont dédiées.
F-Zohra B. - Alger (Le Soir) - Selon Mme El Maameri, présidente de la Fédération nationale des associations de personnes handicapées, la situation est alarmante et des enfants de la naissance à 15 ans nécessitent des diagnostics et une prise en charge adaptée. L'intervenante s'est basée sur une étude qui a été réalisée durant trois années au niveau de structures de santé et avec la collaboration de professeurs, chefs des principaux services de pédiatrie et de périnatalité au niveau de la capitale. L'étude a ainsi révélé que 35 000 enfants subissaient des handicaps après leur naissance et n'étaient, par la suite, pas pris en charge par des structures spécialisées. De ce fait, pour les parents, c'est la croix et la bannière pour pouvoir assurer à leurs enfants handicapés, à des degrés divers, les soins et la prise en charge nécessaires, notera l'intervenante. «Le ministère de la Santé est au courant de l'enquête et des études de faisabilité d'un centre spécialisé pour cette catégorie d'enfants mais nous a signifié que le personnel n'était pas disponible pour cette prise en charge», a précisé Mme El Maameri. Les professionnels, selon l'intervenante, sont eux mobilisés pour faire des consultations spécialisées, comme elle évoquera la nécessité d'un plan national dédié aux enfants avec un système de gratuité des soins que ce soit en médicaments, en soins ou en appareillages. «Cette unité pourrait fonctionner en permanence et les professionnels interviendront en appui», soulignera la présidente de la fédération. Pour sa part, Mme Karima Yacef vice-présidente de la Fédération nationale des personnes handicapées, mettra en évidence le nombre important de naissances au niveau des services de maternité qui sont évaluées à 1 000 par mois et aussi les conditions déplorables dans lesquelles les professionnels travaillent. «La couverture vaccinale a été perturbée cette année, cela aussi est une réelle menace. Les femmes qui arrivent en maternité, on les laisse aussi attendre. Notre objectif est donc d'attirer l'attention des pouvoirs publics. Stoppons cette production de handicaps évitables», s'est indignée Mme Yacef. Les intervenantes préconiseront un travail commun entre le secteur de la santé et de la solidarité dans le but d'assurer des chances d'insertion future à ces enfants souffrant de handicap. «Il faut des structures de santé pluridisciplinaires dédiées à l'enfant. Nous avons fait une étude et disposons d'un comité de pilotage avec six professeurs, chefs de service. Il y a aussi une absence de politique de santé globale où toutes les personnes atteintes de déficience puissent trouver le traitement adéquat à leur situation», dira Mme El Maameri. Elle tiendra enfin à préciser que ces handicaps sont parfaitement évitables, si la mère et l'enfant bénéficiaient d'une prise en charge adéquate avant et pendant l'accouchement.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : F Z B
Source : www.lesoirdalgerie.com