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Stratégie



Stratégie
Les privatisations sont un échec. Tel est l'aveu du ministre de l'Industrie. Le premier responsable du secteur dit en fait tout haut ce que le monde pense tout bas, au regard de l'expérience d'ArcelorMittal. Une privatisation qui a produit l'effet contraire. Au lieu de réduire les importations d'acier et de rond à béton, elle a induit une hausse exponentielle de la facture d'importation des produits sidérurgiques : 10 milliards de dollars, soit l'équivalent des importations globales de l'Algérie du début des années 90 !Ce processus de transfert de propriété a également conduit, tantôt à des bradages d'unités publiques, tantôt à des détournements d'activité, au détriment du développement industriel du pays. Mais il faut voir dans ces opérations de désengagement de l'Etat du secteur productif l'histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein.Au tableau rose des privatisations, on peut citer en ce sens les reprises d'unités publiques par des groupes privés qui ont réussi, même si elles ne sont pas nombreuses. Ces groupes privés ont non seulement maintenu l'emploi, mais aussi augmenté de façon importante les capacités de production des usines acquises, soit en définitive, des opérations qui ont abouti, au terme du processus, à une plus grande création de richesses et d'emplois.Mais cette question de l'efficacité des privatisations renvoie à la cohérence des politiques économiques menées depuis les années 90. La première vague des années 90 ne remplissait pas les conditions de succès : prix trop élevés, offre constituée d'unités peu rentables.La seconde vague des années 2000 n'était pas adossée à une politique industrielle visant à réindustrialiser le pays et à assurer une plus grande intégration de notre appareil productif.Aujourd'hui, la tendance ne s'est pas inversée. Nous manquons toujours de vision économique. La stratégie industrielle élaborée par M. Temmar, puis par M. Rahmani, reste dans les tiroirs des services de l'Etat. Du coup, l'industrie reste en friche. De ce fait, les importations risquent d'atteindre, en 2013, 50 milliards de dollars. Une situation qui reste inquiétante. Mais nos gouvernants ne semblent pas pressés, en cette période préélectorale, de changer le cours des choses. De quoi entretenir le bonheur des tenants de la rente.K. RNomAdresse email


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