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Statu quo fatal



Statu quo fatal
Le régime de Bouteflika est bel et bien en panne. Panne à tous les niveaux, rien ne bouge. Cet immobilisme qui le caractérise s'accompagne, malheureusement, d'un autoritarisme dévastateur pour des pans entiers de la société, comme on a pu le constater une fois encore lors de la manifestation d'une partie de l'opposition le 24 février à Alger, où la police a fait preuve d'une répression «sophistiquée».Banalisée, elle s'exerce, au jour le jour, contre le droit à l'expression aussi bien sur le Net que dans la presse écrite. Blogueurs et journalistes en sont les premières victimes, souvent solitaires parce que la solidarité fait défaut aussi bien dans la corporation que dans d'autres secteurs de la société civile. Sur ce plan, le régime compte ainsi faire taire toute opposition démocratique, toute expression appelant au changement.L'immobilisme fait qu'au sein du «système», certains soutiens au régime estiment que la situation n'est plus tenable.On en veut pour preuve l'incapacité d'un Exécutif à gérer les affaires du pays et où le risque de «pourrissement» menace une simple crise, comme celle que vit le secteur de l'éducation par exemple, alors que tout aurait pu rentrer dans l'ordre, s'il y avait au sein du gouvernement et au-delà une volonté réelle de régler les problèmes. Même si la ministre, Mme Benghebrit, ne cesse d'affirmer sa disposition au dialogue avec les partenaires sociaux, elle risque, aujourd'hui, de ne pas être entendue. Et ce, pour la simple raison que depuis de nombreuses années, le pouvoir est resté autiste vis-à-vis des attentes des citoyens, tétanisé par les luttes de clans à l'intérieur.Rien ne semble indiquer que cet état de choses serait sur le point de changer. Y compris dans l'urgence, aucune mesure n'est prise pour parer au plus pressé, comme on aurait pu normalement s'y attendre dans le domaine économique face à la baisse dramatique des revenus pétroliers du pays de plus de la moitié ! Pour contrer cette saignée externe, le gouvernement n'a rien de moins à proposer que le retour aux autorisations d'importation. Dans des conditions d'opacité qui entourent encore malheureusement les opérations commerciales, la crainte d'assister à un regain de la corruption à l'occasion de l'octroi de ces autorisations est sans doute fondée.Ce qui ne fait qu'accentuer ce climat de prédation généralisée des ressources nationales et du patrimoine de la collectivité par des oligarchies d'affaires adossées au clan du pouvoir. C'est malheureusement la seule activité «épargnée» par l'immobilisme dans ce qui s'apparente à une fin de règne d'un régime usé.Aujourd'hui, des intellectuels appellent, aux côtés de personnalités politiques indépendantes, à un changement du système politique, précédé par un démantèlement de la police politique, changement dans lequel l'armée serait partie prenante, parce qu'historiquement elle serait détentrice du pouvoir réel.Mais quel que soit le scénario, force est de constater que le maintien du statu quo représente des risques pour l'avenir du pays.


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