Photo : Riad
De notre correspondant à Aïn Defla
Madani Azzeddine
Le prix de la pomme de terre avait dépassé la barre de 100 DA avant de redescendre à 80 et 90 DA/kg. Cette augmentation pousse les citoyens à se poser beaucoup de questions sur la persistance de cette hausse alors que des mesures ont été prises dernièrement par les différents intervenants dans le circuit de ce tubercule lors d'une réunion organisée au niveau de la Direction des services agricoles (DAS) de la wilaya de Aïn Defla. Cette réunion, qui a regroupé les directeurs des DAS de Tipaza, Aïn Defla et Alger, des présidents des Chambres d'agricultures, des directeurs des marchés de gros de la région centre du pays, des mandataires ainsi que des agriculteurs de Aïn Defla, a été pourtant une occasion pour juguler cette hausse et établir le prix d'achat au niveau du détaillant à 50 dinars le kilo d'autant qu'une décision a été prise pour alimenter les marchés de gros d'une quantité importante et quotidienne de pommes de terres pour réguler les marchés.Une lecture de cette situation montre que les différentes mesures, y compris le Système de régulation des produits agricoles à large consommation (Syrpalac), appliquées par les services concernés pour contrôler les marchés se sont avérées inefficaces, ce qui montre que les marchés de gros et le contrôle des prix sont entre les mains de spéculateurs organisés qui arrivent à s'opposer à toutes tentatives d'organisation des marchés par les pouvoirs publics. Cela montre également que les raisons de la persistance de cette situation sont liées aux conséquences du commerce informel qui ne concerne pas uniquement l'agriculture, mais gagne du terrain pratiquement dans l'ensemble des secteurs industriels et économiques. L'exemple est donné pour l'automobile. Des citoyens citent le phénomène vécu lors du dernier Salon de l'automobile d'Alger où, durant la première journée seulement, a été vendue la quasi totalité des véhicules qui seront ensuite revendu avec un bénéfice dans les marchés de voitures de Tidjelabine et autres.
Un fléau grave appelé «spéculation»
Certains observateurs affirment que les marchés de voitures sont également soumis à ce fléau socioéconomique appelé «spéculation» qui permet de passer commande d'un véhicule en versant 10 % du prix de vente et d'aller ensuite chercher preneur en prenant un bénéfice. Des citoyens soutiennent qu'il est important de lutter contre ce phénomène en exigeant le dépôt de la totalité du montant à la commande d'une voiture, ce qui exclura les petits revendeurs. Une analyse de cette situation montre également que de nombreux citoyens sont devenus des revendeurs dans différents domaines. C'est un petit «travail» pour eux qui leur permet d'arrondir leurs fins de mois. Mais, en réalité, tous ces «petits travaux», ajoutés aux importantes opérations de spéculation et fraudes représentent un gouffre dans le Trésor public. C'est un manque à gagner qui mine l'économie nationale et les budgets familiaux. Ce qui est malheureux, selon des citoyens interrogés à ce sujet, c'est qu'on trouve même certains citoyens ayant fait des études supérieures, des diplômés, impliqués dans ce genre de commerce informel nuisible au développement social et économique. «Ils sont de toutes les tranches de la société à passer des heures dans les cafés, faisant du commerce informel, ils vendent n'importe quoi pourvu qu'ils gagnent de l'argent», dira un citoyen avant d'affirmer que ce comportement influe sur différents volets d'autant qu'on observe ces derniers temps une grande volonté de s'enrichir chez de nombreux fonctionnaires, enseignants et autres personnes au chômage comme si, peu de personne seulement se contentent de ce que leur procure leur travail et s'occupent de leur vie et de l'éducation de leurs enfants. «Ce n'est pas logique que de nombreux citoyens ne soient intéressés que par les affaires, ils sont là dans les cafés à la recherche d'une occasion pour gagner de l'argent», lance un citoyen mécontent avant d'ajouter que même certains personnes viennent faire affaire dans les produits agricoles (fruits et légumes), lesquels observent une hausse qui fait baver les chasseurs d'affaires, ces genres de parasites qui sont là à suivre les mutations survenant dans les différents secteurs pour sauter sur les occasions permettant de s'enrichir et ce même d'une manière inégale. En somme, il est nécessaire pour les pouvoir publics de mettre fin à ce comportement de la population et en particulier pour ces fonctionnaires qui font du commerce à tout moment et contrairement à la réglementation en vigueur. Par ailleurs, d'autres citoyens voient qu'il faut cesser d'acheter la pomme de terre à ce prix élevé ce qui influera par ce fait sur le circuit de commercialisation et finira par l'obliger à baisser les prix. «Si les gens continuent à acheter à ces prix chers, ça encouragera les spéculateurs à faire durer leur maîtrise sur le marché» précise un spécialiste avant d'ajouter que le consommateur à un rôle important aussi à jouer dans la stabilisation des prix. Pour notre même interlocuteur, le consommateur doit s'impliquer à travers les associations de protection du consommateur, lesquelles n'en portent que le nom, d'autant qu'elles brillent par leur absence dans ce genre de situation. Ne dit-on pas que le client est roi ' Mais apparemment il ne l'est plus depuis qu'il cède et continue à acheter très cher le tubercule, qui pourtant peut être remplacé dans la marmite par d'autres produits. Il ne faut pas oublier que les détaillants ont également un rôle à jouer dans la stabilisation des prix d'autant qu'ils doivent aussi réagir à la hausse des prix opérée par les commerçants de gros. La situation du marché de Attatba pousse à se poser beaucoup de questions sur l'origine exacte de cette hausse des prix d'autant que le prix de la pomme de terre produite à Aïn Defla a été cédé à 45 DA/kg alors que le tubercule de Oued Souf est vendu par certains mandataires à 82 DA/kg alors qu'il n'existe pas de différence dans la qualité. Mais le hic dans tout cela, c'est que dans les marchés de détail le prix de la pomme de terre est affiché à 70 DA/kg. Plusieurs paramètres influent aujourd'hui sur les marchés de détail, en plus des spéculateurs, ces vrais parasites doivent être éradiqués par la mise en place de mesures de luttes basées sur l'application de nouvelles réglementations. Cela exige également l'implication du consommateur qui n'est autre que le citoyen, lequel doit changer son comportement dans la société et contribuer au développement social au lieu d'être un élément influant négativement ou un simple spectateur.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M A
Source : www.latribune-online.com