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SOUS-TRAITANCE



SOUS-TRAITANCE
La faiblesse de la sous-traitance industrielle en Algérie provient de la faiblesse de l'activité industrielle elle-même, les deux sont intimement liées. C'est ce qu'a déclaré hier au forum d'El Moudjahid, Kemal Agsous, président du Conseil de la Bourse algérienne de la sous-traitance.Younès Djama - Alger (Le Soir) - «L'apport de l'industrie dans le PIB (produit intérieur brut) est passé de 22% dans les années 1970-1980 à seulement 5% actuellement. L'apport de la sous-traitance est par conséquent insignifiant. Une entreprise comme la SNVI (Société nationale des véhicules industriels) est passée de 300 sous-traitants à une centaine seulement aujourd'hui», a ainsi souligné l'invité du forum qui est venu annoncer la tenue du Salon inversé de la sous-traitance (Sanist 2017) prévu du 3 au 6 avril à la Safex.M. Agsous estime, néanmoins, qu'avec la reprise de l'activité industrielle, amorcée par les pouvoirs publics, l'espoir est permis pour que la sous-traitance regagne ses lettres de noblesse.«Encore faut-il mettre en adéquation les paroles et les actes», a, toutefois, nuancé Kemal Agsous qui déplore la «frilosité» des managers des grands groupes publics encore méfiants quant à faire appel aux sous-traitants privés locaux, en leur préférant les étrangers, notamment les Chinois, qui raflent les appels d'offres lancés par ces entreprises nationales.«Nos PME auront du mal à ferrailler à l'international, en raison de la rude concurrence, le seul qui leur reste, c'est le marché national. A condition qu'on leur ouvre les portes», a affirmé M. Agsous. Pour lui, s'adosser à un grand groupe national comme Sonelgaz, c'est la garantie d'un marché régulier et durable pour une PME.Le président du Conseil de la Bourse algérienne de la sous-traitance reste convaincu qu'il y a un gisement d'activités de sous-traitance qui peut être capté immédiatement, tout en appelant à mettre en place des conventions entre les grands industriels et les sous-traitants. «C'est une proposition que nous avons faite, nous attendons toujours un retour», relève M. Agsous ajoutant que «ce mécanisme se doit d'être mis en place.Cette convention va fixer les conditions de travail entre le demandeur et le sous-traitant, c'est-à-dire qu'on va définir une approche concernant la relation au début, pendant et après la commande». L'invité d'El Moujahid a par ailleurs dressé un état des lieux sur la filière de la sous-traitance industrielle. Ainsi, le nombre d'entreprises sous-traitantes recensées en Algérie est globalement autour de 900 000 entreprises, a noté M. Agsous.Sur ce total, il en a été dénombré environ 9 000, soit 1% qui activent pour le secteur industriel. Le reste opère soit dans le secteur commercial, la distribution, les services, le BTPH, etc. Il est à noter également que 97% de ces entreprises sont des PME, voire de toutes petites entreprises (TPE) avec moins de 10 employés.
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