Alger - Revue de Presse

Soumis à un régime dérogatoire avantageux depuis 1962 Les Algériens victimes de l'immigration choisie ?



Comme leurs «pairs» du sud de la Méditerranée, les Algériens avaient réagi avec beaucoup d'appréhension à la énième loi française sur l'immigration. Leurs craintes risquent bien de s'exacerber dans les semaines à venir. Une circulaire ministérielle donne un avant-goût de ce que sera le sort des nationaux à l'heure de la politique de »l'immigration choisie». Signé par Brice Hortefeux, le ministre de l'Immigration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement, le document a été adressé, la semaine dernière, aux préfets de France. Teneur du texte d'une trentaine de pages: les modalités de mise en oeuvre de la loi de l'immigration sur le terrain de l'emploi. Selon le quotidien économique Les Echos qui s'est procuré une copie de la circulaire, les Algériens et les Tunisiens seraient les grandes victimes de la nouvelle politique migratoire hexagonale. Les ressortissants de ces deux pays - liés à la France par des accords bilatéraux en matière d'entrée, de séjour et d'emploi - «n'ont pas droit à ces dispositions» régissant le dispositif dit des «métiers en tension». Conçu dans le cadre de la politique d'»immigration choisie» chère à Nicolas Sarkozy, le dispositif énumère les métiers confrontés à une pénurie de main-d'oeuvre. Elaboré en concertation avec les organisations patronales, il recense quelque 150 activités - les métiers de l'immigration classique -, ouverts aux seuls ressortissants des pays nouvellement intégrés au sein de l'Union européenne. Pour les ressortissants issus des pays tiers ou hors-Union européenne, les conditions d'accès au marché de l'emploi européen sont réduites à leur plus simple expression. Seuls une trentaine de métiers, de surcroît «très qualifiés», leur sont ouverts. Autant dire que les dispositions de l'«immigration choisie» sont déjà opposables aux pays de la rive sud de la Méditerranée. «Les plus défavorisés en la matière sont, de loin, les Algériens et les Tunisiens», note le journal économique. Leur absence du champ d'application de la nouvelle immigration économique est d'autant plus surprenante qu'ils participent pour 30% environ dans les statistiques des «entrées et séjours» des étrangers sur le territoire français. Sollicités hier par l'Agence France Presse (AFP) pour commenter la circulaire «ébruitée» par Les Echos, les services du ministère de l'Immigration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement se sont gardés de tout commentaire. Ils n'ont ni confirmé ni informé la révélation du quotidien économique. Cette nouvelle donne, si elle venait à se vérifier, se traduirait par un contraste saisissant pour les Algériens. Un contraste entre un régime dérogatoire qui, depuis 1962, fait d'eux une sorte de population plus ou moins privilégiée, et une circulaire qui les évince de fait du marché de l'emploi.
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