Des entrepreneurs se sont rassemblés, samedi matin, devant le siège de la wilaya de Souk Ahras pour dire toute leur impuissance face à l'inexorable déferlante qui s'abat sur les prix des principaux matériaux de construction. Une donne malencontreuse qui vient fausser toutes les prévisions de départ et condamner nombre de projets à des arrêts aussi impromptus que brutaux. Il faut reconnaître que cet impondérable, pas du tout exclusif à la wilaya de Souk Ahras n'est pas de nature, loin s'en faut, à booster la dynamique de développement local qui connaît paradoxalement un épanouissement certain, dans cette région de l'extrême est du pays. Le président de l'Union générale des entrepreneurs algériens -Fédération de Souk Ahras- M. Ali H'maïdia, sollicite, dans une lettre signée, l'intervention du 1er responsable de la wilaya, en vue d'un éventuel «réajustement des prix relatifs aux projets en cours, conformément aux dispositions du CCAG en tant que document contractuel de référence de l'ensemble des marchés conclus». Le patron de l'UGEA fait, par ailleurs, remarquer que le renchérissement des prix de l'acier écoulé à 10.000 DA le quintal et celui du ciment (550 DA) le sac, agit, de manière ostensible, sur les clauses arrêtées à la date de la soumission et de la validité de l'offre. Les entrepreneurs affiliés à l'union affichent une réserve, sans ambages, à l'égard de l'option de la révision et de l'actualisation des prix, comme il est prévu dans l'actuel code des marchés publics. Cette alternative ne permet pas, selon le rédacteur de la lettre, de recouvrer les surcoûts enregistrés dans le sillage des bouleversements en série que connaît le marché national et des fréquents yo-yo auxquels il donne lieu. Dans l'espoir d'être entendus, les entrepreneurs de Souk Ahras, mettent la pression en exhibant l'éventail de la dégradation graduelle de la santé financière de leurs entreprises: ce qui ne relève pas forcément de l'ordre des manoeuvres puisqu'il pèse, en l'état actuel des choses, une réelle menace sur la pérennité des entreprises de réalisations, du moins certaines d'entre elles, incapables de soutenir le rythme fou imposé par un marché erratique, n'obéissant à aucune logique économique. En toile de fond gît la question fondamentale: qu'adviendra-t-il alors, des projets lancés? Leurs promoteurs iront-ils au bout de leur engagement, même si cela doit se faire au prix de sacrifices exorbitants, ou seront-ils amenés à jeter l'éponge du renoncement pur et simple?
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A Gatouchi
Source : www.lequotidien-oran.com